La valorisation, le serpent de mer des startups…

La valorisation d’une entreprise consiste à fixer une valeur de ses actions à un moment donné, notamment lors d’une augmentation de capital.

Si pour une société cotée cette valeur est fixée à chaque instant par le marché (cours de bourse), pour une entreprise non cotée (et a fortiori pour les jeunes entreprises innovantes), il s’agit là d’un exercice très délicat et certainement pas d’une science exacte…

De nombreuses méthodes de calcul existent : valorisation patrimoniale, valorisation par les flux, valorisation par les multiples ou comparables. Aucune d’entre elles n’est vraiment applicables dans le cas des startups (sauf peut-être les comparables à condition d’avoir quelque chose à comparer !).

Après plus de 30 000 heures cumulées en startups, chez WiSEED, nous avons décidé que cet exercice ne devait pas prendre plus de 60′ ou plus de 3 bières… En effet, non seulement nous savons que le business plan ne sera pas tenu, mais encore que la société va « pivoter » et proposer des produits ou services non prévus sur des marchés parfois non identifiés… Inutile donc de faire de savants calculs ni de payer (cher) des prestataires spécialisés.

Notre retour d’expérience se matérialise en deux nombres : 5%, 25%.

Quelque soit le montant recherché (entre 100 k€ et 1 M€), le holding d’investissement ne prendra pas moins de 5% du capital, ni plus de 25%. Pourquoi ? Pour des raisons psychologiques essentiellement ! Détenir moins de 5% d’une entreprise n’est pas très « sexy », tandis que diluer les fondateurs-dirigeants n’est pas motivant pour eux et risque d’obérer la suite de l’aventure (ils auront le temps de se faire « rincer » lors des tours suivants…).

La négociation doit prendre en compte ses deux limites (soit un facteur 5). Par exemple, pour une startup qui recherche 300 k€, la valorisation (pre-money) devra se situer entre 900 k€ et 5.7 M€. De quoi trouver un terrain d’entente, non ?

Comment réduire cet écart ? Nous prenons en compte la stratégie de propriété intellectuelle, l’état de maturité de la startup (maquette, prototype, pré-série, produits/services sur étagère), l’accessibilité de son marché, le goodwill de ses dirigeants. Nous appliquons notre règle des 6 M: marché, magie, monnaie, management, management, management !

Bref, l’équipe reste l’élément clé dans un projet et la négociation de la valorisation va en révéler des facettes très éclairantes pour la suite de ce mariage en CDD que nous nous apprêtons à vivre sur quelques années.


Thierry MERQUIOL
Président du conseil de surveillance,
co-fondateur

8 réflexions sur “La valorisation, le serpent de mer des startups…

  1. charles dit :

    Bonjour,
    Dans le suivi de participation il y a un indicateur par ligne de coefficient de performance intermédiaire. Qu’est-ce qui déclenche une modification du coefficient ? la publication des bilans ? un mouvement dans les actionnaires de la cible ? Car s’il est difficile de valoriser une Start-up pour une augmentation de capital, cela l’est encore plus quand il n’y a pas de transaction et donc de négociation.

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    • stephaniewiseed dit :

      Bonjour Charles et merci pour votre commentaire,
      Le coefficient de performance est calculé à partir de la valorisation connue de la société.
      En effet, il ne peut être mis à jour uniquement lors d’un nouveau tour d’augmentation de capital ou si la société nous communique une étude de valorisation pour son compte.
      C’est pour cela que seules certaines sociétés ont un coefficient modifié et pas toutes.

      A votre disposition pour tout complément d’information,
      Bien à vous

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  2. charles dit :

    Merci pour cette précision.

    Ne serait-il pas possible d’avoir des ratios bilanciels qui seraient mis à jour lors de la publication des comptes ? Je me doute que l’on ne pourra pas avoir les SIG pour toutes les sociétés, mais accès à un bilan simplifié peut être?

    J’ajouterais que vous devriez peut être travailler sur un mode de valorisation fiscale à minima annuel. Au vue de la place qu’à vocation à prendre le crowdfunding dans les patrimoines des personnes soumissent à l’ISF. Il faut en effet s’attendre à ce que le fisc lance des redressements fiscaux pour ceux qui réaliseront d’importantes plus-values en supposant une sous valorisation des patrimoines sur les années antérieurs.

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  3. Jérôme dit :

    Le devenu très médiatique gourou Elon Musk, voit la valorisation de Tesla à plus de 30 milliards de dollars pour n’aligner que des pertes (ce qui n’est pas une honte en sois, ni une aberration) et n’a vendu qu’une centaine de milliers de voitures électriques à 60k€. S’il n’y avait qu’1 M se serait … Magie.

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