Pourquoi WiSEED propose des obligations amortissables ?

Le dernier projet proposé sur WiSEED, porté par Citoyens du Monde, vise à développer l’activité de distribution de produits bio en grande et moyenne surface (GMS) de la marque Mémé Georgette. Nous vous avons déjà proposé des projets similaires, notamment avec la coopérative Ethiquable ou l’entreprise Mamie & Co, financées respectivement via la souscription de titres participatifs et d’actions, mais le projet de Citoyens du Monde est différent : il s’agit d’obligations amortissables. Je vous propose ici quelques explications sur cet instrument financier nouveau sur WiSEED.

WiSEED vous propose déjà une diversité de titres financiers

WiSEED vous propose aujourd’hui d’investir dans 3 types de titres financiers : les actions, les obligations et les titres participatifs. Depuis 2008, les WiSEEDers ont financé 50% de projets en actions (les startups, les entreprises en développement et les projets agroforestiers), 49 % de projets en obligations (les programmes immobiliers, les projets d’énergies renouvelables) et 1 % de projets d’Innovation Sociale sous statut SCOP (Société COopérative et Participative) et SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) en titres participatifs.

Ce panel de titres financiers permet de diversifier son portefeuille d’investissement en termes de risque, d’échéance et de rendement. Dans les semaines et mois à venir, vous verrez que WiSEED vous proposera d’investir de plus en plus en obligations émises par des entreprises, et non plus seulement émises par des projets portés par des promoteurs immobiliers ou des développeurs EnR.

Pourquoi ? Quel est l’intérêt pour les investisseurs ?

investissement wiseed

Quand on est investisseur, souscrire une obligation est un acte très proche d’un prêt classique : le souscripteur est titulaire d’un droit de créance sur le projet, qui est tenu de lui rembourser selon une échéance déterminée dans un contrat et de lui verser des intérêts. Les différences entre obligation et prêt classique viennent de ce que ce droit de créance est représenté dans un titre.

Cela permet notamment de céder librement l’obligation mais aussi d’attribuer d’emblée, lors de l’émission, un pouvoir à l’ensemble des souscripteurs (que l’on appelle la « masse » des obligataires). La masse, par l’intermédiaire de son représentant, peut avoir accès aux documents mis à disposition des actionnaires ou assister (sans voix délibérative) à une assemblée générale (AG) ; c’est plus protecteur.

« Les souscripteurs ont accès aux documents mis à disposition des actionnaires ou assistent à une AG ; c’est plus protecteur »

Les obligations peuvent prendre différentes formes et s’adapter ainsi au mieux aux besoins des projets et aux intérêts des investisseurs :

  • elles sont dites « simples » ou « sèches » si elles ne donnent pas la possibilité d’être converties en actions, selon des conditions définies au contrat ;
  • elles sont dites « convertibles » si elles peuvent être transformées, sous conditions, en actions ;
  • leurs intérêts peuvent être versés régulièrement (généralement une fois par an) ou à la fin de l’échéance (les intérêts sont dits « capitalisés » et ils font des petits) ;
  • elles sont remboursables à la fin du contrat (à son « échéance » ou in fine) ou selon des périodes définies, les obligations sont alors dites « amortissables ».

Et maintenant, voici donc les obligations amortissables

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Le saviez-vous ? « Mémé Georgette » sur la photo est aussi la grand-mère du fondateur

Le contrat obligataire entre les WiSEEDers et Citoyens du Monde a une échéance de 4 ans, mais au lieu d’attendre 4 ans pour être remboursé en une fois de la totalité de leur prêt (le « principal »), les WISEEDers perçoivent chaque année, à date anniversaire de l’émission, non seulement les intérêts (ils ne sont donc pas capitalisés) mais aussi ¼ du montant prêté. C’est pour cela qu’on les appelle « amortissables ».

Pour les WiSEEDers, c’est sécurisant : il y a une échéance, un représentant de la masse et un remboursement régulier du « principal ». L’exposition au risque diminue ainsi à chaque remboursement du principal. Par ailleurs, dans un montage en obligations amortissables, WISEED impose une sécurité complémentaire : 10 % du montant collecté par le projet doit être séquestré en banque ; cela constitue une réserve (on l’appelle Debt Service Reserve Account, ou DSRA) qui sera débloquée en cas de difficulté pour rembourser les WISEEDers ou payer les intérêts.

Pour Citoyens du Monde, cela permet un financement sans entrée au capital, sans caution personnelle du dirigeant ou sûreté sur des biens ou fonds de commerce (généralement déjà dans l’escarcelle des banques). L’amortissement permet aussi de réduire la charge des intérêts à payer car seul le principal restant à rembourser porte des intérêts : à mi-parcours, les charges financières sont deux fois moins importantes que dans le cadre d’une obligation remboursée in fine.

C’est aussi très structurant : il faut chaque année, chaque mois, veiller à sa trésorerie pour être en capacité de rembourser ses investisseurs. L’entreprise ne peut ainsi délaisser la gestion de sa trésorerie en se disant qu’elle verra dans 4 ans comment elle remboursera les WISEEDers.

« Pour les WiSEEDers, c’est plus sécurisant ; pour Citoyens du Monde, c’est un financement sans entrée au capital [et] qui réduit la charge d’intérêts »

Qu’en pensez-vous ? La souscriptions d’obligations, amortissables ou non, va-t-elle dans le bon sens pour vous permettre de mieux investir dans l’économie réelle ? Au plaisir de recevoir vos réactions et questions.

jean-marc_clercJean-Marc Clerc

Responsable du pôle Innovation Sociale

WiSEED

8 réflexions sur “Pourquoi WiSEED propose des obligations amortissables ?

  1. Fabien Raynaud dit :

    Bonjour Jean-Marc,

    Quelques questions pour mieux comprendre ce montage financier :

    – Le remboursement (principal + intérêts) est conditionné à la bonne santé financière de l’entreprise. Que se passe-t-il si l’entreprise n’est plus en mesure de rembourser ? (que ce soit juste sur l’espace d’un an, ou pour une durée bien plus longue)
    – Pour cette première offre, quel sera l’ordre de grandeur du montant de l’emprunt ? Je crains une cohue comme pour les projets immobiliers (WiSEED, victime de son succès).

    Cordialement,
    Fabien RAYNAUD
    http://www.FabienRaynaud.com

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    • jeanmarcclerc dit :

      Bonjour Fabien,
      – L’obligation amortissable est un montage complémentaire au financement equity intéressant notamment lorsque la société a quelques années d’existence et lorsque le produit n’est pas typé startup (avec plus value potentielle importante sur la cession d’actions) ; il correspond bien au financement du développement d’une société. Mais, malgré ces quelques années d’existence qui sont un bon support analytique, des difficultés peuvent tout à fait survenir ; si la société ne peut momentanément rembourser le principal ou payer les intérêts, c’est le DSRA qui prend le relais (constitué de 10 % du montant collecté) ; la société doit le reconstituer une fois utilisé. Si les difficultés sont plus longues, on entre classiquement dans des procédures de renégociation avec les créanciers ou de dépôt de bilan. Les obligations amortissables protège mieux que de l’equity (par les mécanismes ci-dessus) mais le rendement est potentiellement inférieur, ce qui est logique.
      – Ce premier projet recherche 220 K€ (dont 10 % de DSRA). L’offre semble effectivement plaire aux WiSEEDers.
      Bien à vous,

      Aimé par 1 personne

  2. Dominique CHARBONNIER dit :

    Bonjour,
    Cela peut être intéressant car on immobilise son capital moins longtemps, ce qui permet de réinvestir dans une autre entreprise, ou pas, car quand on prend de l’age, comme moi…, on peut avoir besoin de récupérer des fonds avant le terme de 5 ans ou plus.Si l’on investit sur plusieurs dossier, cela peut constituer des rentrées d’argents bienvenues. Quant au risque, il peut s’avérer moindre si une ou plusieurs annuités sont déjà remboursées.
    Dominique

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  3. charleswiseeder dit :

    Bonjour,

    Concernant les prêts amortissables, attentions aux raccourcis, entre annuité et amortissements constants. Les particuliers étant beaucoup plus habitués aux annuités constantes qu’aux amortissements constants.

    Ceci dit, je m’inquiète un peu de l’augmentation des outils financiers mis à disposition de personnes sans formations. Et surtout sans mesure de la dimension fiscale.

    C’est pourquoi je me demande s’il ne serait pas nécessaire d’imposer un QCM non bloquant pour les premiers investissements dans chaque type d’outils. Avec des questions basiques, tu type combien allez-vous toucher si tout se passe comme prévu ? Quel sera le bilan de l’opération si la dernière échéance n’est pas payée ? Dans ce cas pourrez-vous compenser la moins-value et les intérêts reçus ? Combien allez-vous recevoir sur votre compte lors de la première échéance ? Bref 4 ou 5 questions rapides de ce genre avec en cas d’échec un message à la fin du questionnaire indiquant. « Les bonnes réponses étaient …. Avant de passer à l’investissement, souhaitez-vous relire notre fiche d’information sur l’instrument financier au quel vous vous apprêtez à souscrire. »

    Et pour aller dans mon sens, je dirais que la majorité des grandes crises financières ont eu leur origine dans des outils mal maîtrisé par ceux qui les utilisaient. Donc même si l’investisseur ne fait les démarches (recherches) pour comprendre les tenants et les aboutissants de son investissement. Il faut l’inciter à se former si il se trompe fortement (sans le bloquer car l’on débute tous un jour).

    Cordialement,
    Charles

    Aimé par 1 personne

    • jeanmarcclerc dit :

      Bonjour Charles,

      Merci pour votre commentaire et vos propositions.
      Le blog est un des éléments de la pédagogie que nous mettons en oeuvre. L’amortissement constant du principal en est un autre ; il nous semble plus facile de comprendre que l’on récupère 1/5ème de son capital par an (pour une échéance à 5 ans) que de comprendre l’évolution géométrique du principal dans le cas d’une « annuité constante » (qui veut dire que le montant, qui inclut partie du principal + intérêts, touché chaque année par le souscripteur de l’obligation est toujours le même – donc le principal augmente chaque année et les intérêt diminuent).
      Le statut de PSI continue de nous faire évoluer ; nous allons encore préciser le processus de qualification de l’investisseur dans le questionnaire qu’il lui faut remplir. Peut-être viendrons-nous à intégrer vos intéressantes propositions.

      Bien à vous

      J'aime

  4. charleswiseeder dit :

    Bonjour M Clerc,

    Vous devriez avoir raison, sur le fait que cela est plus simple à comprendre mais mon expérience professionnelle est différente.

    Cela pour une raison extrêmement simple : il est presque impossible pour un particulier d’emprunter à amortissement constant. Le particulier est donc privé de comparable pour appréhender ce type de placement.

    Cordialement,
    Charles

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