Entreprendre en Biotech en 2017

Zoom sur : la biotech PILI, qui s’est lancée le défi de développer des colorants 100% naturels et se prépare à attaquer le gigantesque marché  de l’industrie textile… PILI a vu le jour dans le laboratoire collaboratif La Paillasse au travers d’ateliers pédagogiques crées par Marie-Sarah Adenis et Thomas Landrain, tous deux cofondateurs de PILI. Après avoir expliqué au public comment il était possible de produire de l’encre sans pétrole à partir de bactéries, l’enthousiasme a été tel qu’ils ont contacté Jérémie Blache pour travailler sur un modèle économique.

Après de nombreuses sessions de travail et un prix obtenu au concours du Genopole, PILI fut créée par les trois entrepreneurs. Guillaume Boissonnat, Directeur Scientifique et cofondateur de PILI rejoindra l’aventure quelques temps après pour apporter les compétences en chimie qu’il manquait au trio. Depuis sa création, l’objectif de PILI est de produire des colorants naturels sans pétrole et à l’échelle industrielle pour que cette solution ait un impact positif massif sur l’environnement.

De la vente aux particuliers initialement prévue, la stratégie s’est orientée vers des clients industriels pour que ces nouveaux colorants écologiques puissent être accessible à tous, partout.

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L’équipe de PILI

Faisons un point sur le marché des colorants textiles pour comprendre la portée de ce projet 

Le marché des colorants textiles est gigantesque puisqu’il représente près de 8 milliards d’euros chaque année pour environ 1 million de tonnes de colorants. Cela est dû à la quantité colossale de textile que les humains produisent chaque année, plus de 100 millions de tonnes. Environ 1 tiers est destiné au secteur de l’habillement.

Le marché adressable par PILI représente 80 000 tonnes pour un potentiel de plus d’1 milliards d’euros. Le marché des colorants comporte de nombreux produits adaptés à différentes fibres. Dans un premier temps, PILI pourra proposer des solutions de teinture pour la laine et les fibres PA et PE.

“Depuis 40 ans, les détergents contiennent des enzymes provenant de micro-organismes. Une révolution est en cours dans le domaine des matériaux et des couleurs renouvelables, respectant la planète et sans aucune concession quant aux performances du produit.” – PILI

Quels sont les freins au développement d’un projet biotech comme PILI en France ?

Les freins au développement d’un projet tel que PILI en France concernent principalement le manque d’acteurs spécialisés dans le financement de projets industriels de long terme. D’autre part, nous notons que l’attrait des entreprises du secteur textile pour des solutions greentech est plus fort à l’étranger qu’en France. Nous nous faisons beaucoup contacter par des marques internationales mais peu encore par des marques Françaises.

Le regard expert de Toulouse White Biotechnology (TWB) – Partenaire de PILI :

« Nous avons sélectionné ce projet car il est techniquement solide, l’axe choisi est le bon et correspond à une forte attente du secteur. Un autre point important à souligner : PILI est composé d’une équipe professionnelle, créative et qui sait s’entourer afin de bénéficier de toutes les avancées et de trouver des solutions lorsque cela est nécessaire.

Chez TWB nous avons une vision globale des attentes de ce secteur et PILI s’adresse à un énorme marché, la demande de colorant naturel est croissante et cela crédibilise d’autant plus leur innovation. »

Michel MANACH, Business Developer – Toulouse White Biotechnology (TWB)

Pour conclure, voici les dernières actualités de PILI : 

Nous sommes très heureux d’avoir récemment été lauréats du concours ILAB et du concours Femme entrepreneure du CNAM.

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Sur le plan industriel, un contrat de collaboration avec un leader mondial tel que BIC illustre le potentiel de notre technologie. Nous sommes également heureux d’annoncer ici que nous venons de signer un nouveau partenariat de collaboration avec un acteur textile de renommée internationale !

Suivre les actualités de PILI sur WiSEED

Et vous ? le développement d’une Biotech française en 2017 sur le marché des colorants naturels, vous en pensez quoi ? Donnez-nous votre avis !

Jérémie BLACHE - CEO PILI

Jérémie BLACHE – CEO PILI

6 réflexions sur “Entreprendre en Biotech en 2017

  1. charleswiseeder dit :

    Bonjour,
    Sans parler de la société, mais uniquement de la technologie des colorants naturels.
    Je me pose simplement la question de l’intérêt qu’a le consommateur final pour ce type de produits.
    Je ne dis pas que scientifiquement, il n’y as aucun intérêt. Mais que je ne perçois pas cet intérêt comme un déclencheur d’achat aujourd’hui.
    Personnellement, je ne me suis jamais posé la question des produits chimiques utilisés pour la teinture. Or répondre à une problématique que ne se pose pas encore le consommateur est une chose très complexe car le timing y est aussi important que la technologie.
    L’écologie ayant le vent en poupe, je ne doute pas que certains industriels vont essayer de jouer cette carte. Et que certains consommateurs seront attirés par le produit.
    Mais personnellement, pour investir dans un projet nécessitant la création d’un nouveau besoin. J’ai besoin qu’il me fasse rêver. Or aujourd’hui me dire que la chemise ou le pantalon que je vais acheter demain sera teinte avec tel ou tel technologie ne me fait pas rêver.
    Cordialement,
    Charles

    Aimé par 1 personne

  2. Jérôme dit :

    Bonjour Jérémie, bonjour Charles,
    Je pense qu’il faut dissocier 2 choses. La partie « biotech » fortement connotée (voir la « méprise » sectorielle de Gregory) et le besoin dont Charles tu fais mention.
    Le besoin peut venir du consommateur ou de l’offre. Les produits bios étaient une niche de consommation. Avec l’arrivée du « bio » en GMS, tout un chacun devient consommateur. Le produits bios tirent la croissance sur le secteur.
    De même si cela ne te fait pas rêver, demain, la coloration prendra une part certainement déterminante dans l’offre textile. Cela sera un élément différenciant pour une marque. Puis cela sera une évolution « naturelle » de tout le secteur (peut-être 10 à 30% du secteur textile) comme on a des textiles près du corps (tee-shirt, slip/culottes et chaussettes) en coton bio maintenant chez C&A, H&M, Leclerc etc …
    Comme ce qui s’est passé aussi pour l’hygiène (le retour au naturel -voir le succès de Graine de Pastel-), la prochaine étape pour le textile après le cotton bio et les fibres recyclées (pull en PET) sera le pigment « écologique »/ »responsable ».
    Reste l’état de la concurrence et de l’accaparation du secteur pour PILI.
    Un investissement du futur par excellence. RDV dans 10 ans ?
    Cordialement
    Jérôme

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  3. charleswiseeder dit :

    Bonjour Jérome,
    Je ne doute pas que cela puisse être un investissement du futur par excellence. Et c’est pour cela que j’ai commencé par indiquer que je ne parlais pas spécifiquement de PILI.
    Quand je parle de faire rêver, je ne remets pas du tout en doute qu’il a un potentiel économique. Ou une raison scientifique. Je parle de ma capacité à me projeter en cible potentielle (directe ou indirect) et donc à comprendre ce potentiel.
    Pour prendre en exemple pas très loin, d’une autre société qui collecte sur Wiseed, Odontella. Je m’imagine facilement consommer de leur produit pour essayer car le défi de savoir si le gout est véritablement ressemblant suscite de la curiosité. Et si l’essai est concluant, alors cela pourrais devenir un produit de consommation courant. Pour un colorant, je n’arrive pas à me dire que cela pourra être un critère qui me décidera de passer à l’acte d’achat. Donc je laisse la place à d’autres.
    Comme je n’aurais jamais investis dans le BIO il y a 10 ans. Car je suis encore aujourd’hui incapable de comprendre pourquoi son succès a eu lieu sur la dernière décennie. Et pas 10 ans plus tôt ou 10 ans plus tard.
    Cordialement,
    Charles

    Aimé par 1 personne

  4. gregory dit :

    méprise sectorielle

    je comprend pas trop là?? je fais avec ce que je connais car je ne connais pas trop de société financée par les fonds participatif, c’est pour cela que je compare avec la bourse 🙂

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  5. charleswiseeder dit :

    Pas d’inquiétude Grégory,

    Le terme de Biotechnologie à deux sens différents. Celui qui est utilisé en bourse, correspond aux technologies à caractère médicale.

    Dans le cas présent, nous utilisons le terme de Biotechnologie dans le sens où il y a un mélange entre la biologie et la technologie. Pour éviter ce type de confusion on utilise souvent l’expression technologie du vivant.

    Donc oui, un même termes pour deux secteurs d’activités.

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