Et si les WiSEEDers finançaient davantage de PME et d’entreprises matures ? #JyCrois

WiSEED annonçait récemment dans Les Echos son intention de vouloir aller au-delà des startups et de financer des PME plus mures. Ceci viendrait compléter l’histoire du développement de WiSEED et permettrait aux investisseurs de placer leur argent dans l’économie réelle tout en diversifiant leurs portefeuilles. Mais cela soulève aussi quelques questions.

Le crowdfunding convient particulièrement bien aux levées de fonds en amorçage : un risque réparti grâce au faible montant minimum d’investissement, une souplesse des actionnaires individuels, un montant levé relativement faible et donc accessible au financement participatif…

Ces caractéristiques peuvent laisser penser que seules les startups pourraient se faire financer par la foule et excluraient les entreprises plus matures. Mais avoir une multiplicité d’investisseurs particuliers dans son capital peut aussi représenter un atout pour les dirigeants de PME, tout en étant un outil de diversification supplémentaire pour les investisseurs.

Les investisseurs particuliers peuvent représenter un atout pour les PME, tout en étant un outil de diversification pour les investisseurs.

Des dirigeants de PME confrontés à l’augmentation des fonds propres

Au cours du développement de leur entreprise, les dirigeants de PME sont généralement confrontés à la nécessité d’augmenter leurs fonds propres. Une entreprise qui connait une croissance conséquente ou dont les besoins capitalistiques sont forts, devra alors trouver d’autres ressources que la dette pour se développer. En effet, passé un certain seuil, les banques ne suivront plus et les solutions sont alors restreintes : il faut envisager d’ouvrir le capital.

Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai pu observer que de nombreux dirigeants d’entreprises familiales sont réticents à l’idée d’ouvrir leur capital à des fonds d’investissement. Les raisons peuvent être multiples : l’entrée d’un tiers dans un actionnariat familial peut, culturellement, être difficile à accepter, un risque de perte de contrôle ou encore une opposition entre une vision court terme et un développement long terme avec des investisseurs professionnels désireux de faire fructifier rapidement leur participation.

Pour différentes raisons, de nombreux dirigeants de PME sont réticents à l’idée d’ouvrir leur capital à des fonds.

Que ces craintes soient fondées ou non, les alternatives sont aujourd’hui limitées. Le risque est alors de choisir de financer sa croissance sur ses fonds propres existants au risque de déstabiliser sa structure financière et de mettre son entreprise en difficulté. Face à ce risque, certains entrepreneurs renonceront à leurs projets freinant l’essor de leur société.

Et si WiSEED se présentait de nouveau comme une alternative ?

En faisant entrer des particuliers à son capital, une entreprise pallie à son besoin de renforcer ses fonds propres tout en évitant le sentiment de perte de contrôle. Ce n’est pas une entité dirigée par quelques personnes qui rentre au capital mais une centaine de profils différents qui détiennent chacun une quantité limitée de parts. Chaque investisseur peut faire contribuer l’entreprise de son expérience et de son réseau sans prétendre influencer la stratégie de la PME.

Pour les WiSEEDers, c’est l’opportunité de diversifier encore plus leurs portefeuilles. Ces dernières années WiSEED a multiplié les innovations et étendu les typologies d’investissement : startups, immobilier, énergies renouvelables, financement de stocks… l’investissement dans une PME viendrait renforcer l’offre existante.

Pour les WiSEEDers, c’est l’opportunité de diversifier encore plus leurs portefeuilles. Les PME viendraient renforcer l’offre existante chez WiSEED.

Investir dans une entreprise mature présente en théorie moins de risque que les startups : historique des résultats financiers, clients existants, business model éprouvé. L’analyse financière et la valorisation en sont aussi facilitées. De plus, les perspectives de sortie sont elles aussi différentes : une PME en croissance pourra par exemple envisager une cotation en bourse à plus court terme qu’une entreprise récemment créée ou fusionner avec une autre entreprise.

Mais les particuliers sont-ils prêts à suivre ?

Est-ce suffisamment « sexy » pour des investisseurs particuliers ? Les startups bénéficient aujourd’hui en France d’une image positive, le label « French Tech » y contribue et les importantes levées de fonds de certaines startups renforcent l’espérance d’un retour sur investissement attractif.

De plus, grâce à des plateformes comme WiSEED, tout un chacun peut devenir business angel et participer aus succès (et malheureusement aux échecs aussi, rappelons-le) de ces jeunes entreprises. La connaissance du métier de capital-développement, pour les entreprises plus matures, est moins répandue parmi les investisseurs non professionnels.

Le métier du capital-développement (PME) est moins connu des investisseurs particuliers que le capital-risque (startups).

Comme le disait récemment Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance, « il faut héroïser les patrons de PME ». Ce travail entrepris depuis quelques années auprès des startups doit se poursuivre avec les PME, avec pour objectif de les rendre plus attrayantes auprès des français.

C’est avec cette volonté que le label « French Fab » a récemment été créé, pour offrir une vitrine aux entreprises établies qui innovent aujourd’hui en France.

Je pense cependant personnellement que l’image des PME est déjà positive pour une majorité de français, et le succès du crowdlending l’illustre bien. Le crowdfunding peut cependant contribuer à valoriser nos PME, et ce dans tous les sens du terme.

Des avantages et des inconvénients, des freins et des solutions

Bien sûr, de nombreux freins existent. Les montants levés en capital développement sont généralement plus élevés qu’en fonds d’amorçage. Les WiSEEDers seront-ils suffisamment nombreux pour financer ces projets ?  N’y a-t-il pas aussi un problème de confidentialité (visibilité à la concurrence) avec la mise en ligne des documents d’analyse ?

Pour répondre au besoin de financement plus important, on peut imaginer des co-financements ou une augmentation du nombre de WiSEEDers, avec par exemple une ouverture à l’international. De plus on a pu voir en 2017 la capacité des WiSEEDers à financer des projets de plus d’un million d’euros comme par exemple Poetis. Le développement du crowdlending montre aussi que les questions de confidentialité semblent surmontables (et les startups y sont d’ailleurs aussi confrontées).

On peut se demander également quels instruments financiers utiliser. Financement en actions ? En obligations convertibles ? L’innovation est dans l’ADN de WiSEED, et ils ont prouvé à plusieurs reprises leur capacité à structurer des financements innovants, comme l’émission obligataire gagée avec 41WATCH (qui a été nominé au European Digital Lending Day, initié par Eiffel Investment Group).

La vidéo de présentation de 41WATCH, soumise pour la participation au European Digital Lending Day, organisé le 2 février dernier à The Family

En tant que WiSEEDer, et investisseur sur d’autres plateformes d’ailleurs, je trouve que c’est une opportunité de diversifier un peu plus mon portefeuille. Cela en réduirait le risque (par rapport aux startups avec un business model souvent encore vacillant) mais, naturellement avec un retour sur investissement potentiellement plus faible que lors de financement de fonds d’amorçage.

Qu’en pensez-vous ? Faut-il selon vous continuer de démocratiser la finance traditionnelle et ouvrir de nouvelles formes d’investissement aux particuliers en élargissant l’offre de financement aux entreprises plus matures ? Et selon vous, sous quelle forme ?

Etienne Coudard.jpgEtienne Coudard

WiSEEDer

39 réflexions sur “Et si les WiSEEDers finançaient davantage de PME et d’entreprises matures ? #JyCrois

  1. Fabien Raynaud dit :

    C’est une très bonne nouvelle dans le sens où cela contribue pleinement à l’esprit du financement participatif et au fait de flécher son épargne dans l’économie réelle.
    Chacun pourra donc selon ses choix, son profil, son aversion au risque décider d’investir dans de jeunes entreprises en amorçage ou dans des PMEs plus matures.
    Certes, le terme « startup » est à la mode, mais les PMEs ont beaucoup d’attrait, et pourront justement convaincre certains investisseurs encore réticents, et pas prêts à se risquer à investir dans une startup.

    Je comprends que l’instrument financier n’est pas encore défini (parts dans une holding, obligations, etc.). Je n’ai pas d’avis sur la question, sur la meilleure façon de procéder.
    Pour un investissement en startup, l’illiquidité dure entre 5 et 10 ans en moyenne. Quelle serait cette durée pour un investissement en PME ?

    Mais, OUI, l’investissement en PME contribue clairement à démocratiser davantage le financement participatif.
    GO, GO, GO !

    Aimé par 1 personne

    • Etienne COUDARD dit :

      Merci de votre réponse Fabien. Je pense aussi que la possibilité de financer des entreprises plus établies peut permettre d’attirer des profils d’investisseurs un peu plus averses au risque que ceux en startup.
      Généralement la durée d’investissement est également de 5 à 10 ans, mais les perspectives de sortie sont plus nombreuses je pense.

      Aimé par 1 personne

    • Christian Houzé dit :

      Je souscris tout à fait à l’observation sur l’illiquidité de la souscription au capital de PME. Pour y remédier, il est nécessaire de garantir aux crowdfunders la possibilité de revendre leurs actions dans de bonnes conditions. Par ailleurs, s’agissant de rechercher de plus gros montants d’investissements, il faut également prévoir une rémunération de ces actions. La distribution de dividendes n’est pas forcément dans les gènes d’une PME familiale. Un outil a considérer est la création d’actions à dividende prioritaire, par exemple.

      Aimé par 2 personnes

  2. Thirion dit :

    je trouve l’idée excellente mais 2 difficultés se présentent.
    1) La sortie pour leWiseeder. Pour une startup l’introduction en bourse ou le rachat est dans l’ADN de la structure, si j’ose dire, pour une PME c’est moins évident. En tout cas tous les patrons de PME que je connais ne veulent pas entendre parler d’introduction en bourse ni de rachat de leur entreprise.
    Effectivement il faut trouver une sortie permettant de bénéficier pleinement de l’évolution de l’entreprise. C’est pour cela que l’emprunt obligataire ne me semble pas non plus une bonne solution car on est lié à un taux prédéfini non relié aux performance (bonne ou mauvaise), de l’entreprise.Peut être une obligation convertible est elle effectivement une solution mais convertible en quoi??? si c’est pour avoir des actions d’une société non cotée je ne vois pas l’intérêt car la revente sera très difficile.

    2) La fiscalité ne me parait pas bien adaptée à ce type d’investissement, mais n’étant pas un spécialiste je me trompe peut être.

    Mais effectivement je pense que le sujet est intéressant et dois être approfondi

    Aimé par 2 personnes

    • Etienne COUDARD dit :

      Pour le premier point je pense que cela dépend vraiment des dirigeants, de PME ou de Startup. Tous les dirigeants de startup n’ont pas non plus pour seul objectif de se faire racheter ou d’être côtée. L’idée d’ouvrir son capital pour croître est certes moins répandu chez les PME mais je pense que de plus en plus de dirigeants sont prêts à considérer une levée de fonds comme une option pour développer leur activité plus rapidement, offrant des perspectives d’entrée pour les investisseurs et de sortie (entrées de nouveaux investisseurs, rachats d’actions par la société lorsqu’un projet de croissance se concrétise, etc.)

      Concernant la fiscalité je suis d’accord qu’elle n’est pas suffisamment incitative bien que je ne sois pas un spécialiste non plus.

      Aimé par 1 personne

  3. Jérôme dit :

    Bonjour,
    Je trouve l’idée séduisante, car justement la sortie doit être facilité. Maintenant il faut voir si l’objectif est toujours de rester 5 ans ou plus. Avec des sorties plus facilitées car la société est plus mûre dans son business model, le succès et la promotion de Wiseed, n’en sera que meilleure et attira des investisseurs pour découvrir le financement de plus jeunes sociétés (plus long et plus risqué).
    Reste à trouver des entreprises qui sont prêtes à jouer le jeu du rachat de participation ou de l’instabilité du capital car Wiseed n’est pas voué a rester plus de 10 ans …

    Aimé par 1 personne

    • Etienne COUDARD dit :

      Bonjour Jérôme,
      Réussir à trouver un mécanisme incitatif pour les PME de racheter les actions à 5 ans serait effectivement clé pour séduire les investisseurs.

      J'aime

  4. gregory jubeaux dit :

    mon but dans tout les investissements que je fais (scpi, bourse, assurance vie, etc…) ont un principe fort… pouvoir vivre de mes investissements

    mais qui dis vivre de ses investissements dis aussi prendre des risque tout en sachant qu’il risque d’y avoir des echecs

    mon investissement final c’est de faire du capital risque ou comme ici du capital developpement
    donc oui je suis a 100% pour investir dans une pme ou plus gros

    Mais comment sortir de ces sociétés, comme dis au’dessus, certaines pme ne veulent pas entendre parler d’ipo, la preuve, c’est auchan, cette société est tres grosse et pourtant n’est pas en bourse’

    donc a mon avis, peut-etre qu’il y a d’autres possibilités, comme par exemple le pret rémunéré et remboursement du capital de facon mensuelle, ou l’obligation

    Aimé par 2 personnes

    • Etienne COUDARD dit :

      La concurrence sur le prêt rémunéré est forte avec la présence de toutes les plateformes de crowdlending, je ne sais pas si Wiseed a envie de se diriger dans ce sens mais offrir des obligations aux investisseurs (qui deviennent alors prêteur) sur cette plateforme présente des intérêts certains

      J'aime

  5. Michel Ramelet dit :

    Très bonne idée, j’y suis absolument favorable. L’économie Française souffre de la taille de ses entreprises et les difficultés de financement en sont une des explications
    Pour nous investisseurs se pose effectivement la question de la sortie. Rentrer au capital pour ne pas pouvoir en sortir ne risque effectivement pas de motiver grand monde. Versement de dividendes? Sous quelles conditions, est-ce que les PME seraient prêtes à jouer le jeu?
    Bravo en tout cas de lancer ce chantier, les Wiseeders vous suivront!

    Aimé par 2 personnes

    • Etienne COUDARD dit :

      Effectivement la difficulté pour les entreprises de passer à la taille supérieure est généralement due à des problèmes de financement plutôt qu’à des problèmes de commandes, les banques ne suivent pas et les solutions sont minces en France. Le versement de dividendes serait intéressant, à voir si les PME y sont favorables.

      Aimé par 1 personne

  6. Canac dit :

    Par ailleurs, il conviendrait que les souscriptions se fassent par un véhicule approprié car je déconseillerait formellement à quelque patron de PME que ce soit d’avoir à gérer des dizaines, voire centaines, de tous petits actionnaires, Pensez à la lourdeur du juridique des AG, des demandes d’informations,…….

    Aimé par 1 personne

  7. Frédéric CHARAY dit :

    Peut-être que je me trompe; et je laisserai le débat ouvert, il me semble que certains d’entre nous ( même moi !? ) on une version personnelle trop stéréotypée (trop moraliste de fonctionnement) de ce qu’est un investisseur dans le monde économique

    J'aime

  8. charleswiseeder dit :

    Bonjour,
    Comme beaucoup, j’aime beaucoup l’idée. Apres dans la pratique, motiver les investisseurs sera plus compliqué que pour les startups car la part de rêve y est moins importante. De plus je pense que les sociétés qui joueront le jeu sont celle pour lesquels il y a une vocation à racheter les parts par la PME elle-même. Les autres modes de sorties sont trop aléatoires compte tenu du fait que l’entreprise aura souvent déjà le choix.

    La solution la plus adaptée serait donc à mon avis, une prise de participation minime avec un apport en compte courant important (de l’ordre de 20% actions- 80% compte courant) et une vocation à rester au capital 8 a 10 ans. Le compte courant serait remboursé petit à petit aux investisseurs en fonction des résultats (sur le principe de la dotation à la réserve légale). Et au bout des 8 ans, il faudrait donner le choix entre le rachat ou la conversion en emprunt à 5 ans à des conditions définies à l’avance.

    Pourquoi cette solution ? Parce que si une PME est mature et n’as pas un niveau de risque excessif, elle a accès au crédit à un taux inférieur à ce qui serait acceptable pour les Wiseeders.

    Il faut donc apporter quelque chose de plus que le choix de l’emprunt (culturellement le choix par défaut en France). Or que reproche le plus les chefs d’entreprises aux emprunts ? C’est que si l’entreprise fait une mauvaise année, cela peut couler l’entreprise. En indexant les remboursements aux résultats, cela sécurise le chef d’entreprise pendant 8 ans, apporte une trésorerie temporaire pour la phase de démarrage du projet et il ne risque pas d’etre mis le couteaux sous la gorge dans 8 ans puisqu’il aura la possiblité de sortie par l’emprunt. Du coté investisseur cela minimise les risques puisqu’il qui récupère jusqu’à 80% (la part du compte courant) de sa mise avant l’échéance des 8 ans et disposera d’une visibilité sur la sortie au bout des 8 ans.

    L’inconvénient de la méthode est le taux de rémunération des comptes courants. En effet, pour rester fiscalement déductible ils ne peuvent pas être importants.

    Aimé par 1 personne

  9. gregory jubeaux dit :

    CHARLESWISEEDER

    vous parlez de mettre 80% sur le compte courant… soit c’est moi qui comprend mal soit vous voulez dire autre chose, mais selon ce que je comprend de votre post, c’est que vous laisseriez 80% sur le compte courant, et de s’en servir au bout des 8 ans (par exemple) pour rembourser les capitaux + interets

    je suii pas trop d’accord avec ca, car laisser 80% sur un compte courant sans s’en servir je vois pas ou vous voulez en venir, car si la pme demande des fonds c’est pour s’en servir

    merci d’eclaircir ma lanterne

    J'aime

    • charleswiseeder dit :

      Bonjour,

      Désolé pour mon manque de précision. Lorsque je parle d’apport en compte courant je fais référence la notion financière de compte courant d’associé. Cela n’a rien à voir avec le compte bancaire.

      Il s’agit d’un moyen couramment utilisé dans les entreprises, lorsque une entreprise a un besoin temporaire de trésorerie et qu’un associé lui prête cette trésorerie il y a la création d’une dette. Cette dette porte le nom de compte courant d’associé.

      Les entreprises apprécient ce mode de financement car une fois qu’il y a une convention de signé, il n’y as plus de formalités particulières à faire et cela permet une injection temporaire de liquidité sans la lourdeur d’une augmentation de capital ni les contrainte des échéances d’un prêt. L’on peut inscrire ce que l’on souhaite dans la convention en matière d’intérêts et de modalités de remboursements.

      Et lorsque je parle des taux des comptes courants. Je fait référence à un taux que l’état fixe mensuellement au-delà du quel les intérêts versé pour ces comptes courants ne sont plus déductible du résultat fiscal pour l’entreprise.

      Cordialement,
      Charles

      Aimé par 1 personne

      • Etienne COUDARD dit :

        Bonsoir,
        L’approche du financement du compte courant est très intéressante. Un tel montage semble un brin compliqué à vendre aux entreprises de prime abord mes présentes de l’intérêt. Malheureusement, j’ai pu observer que des entreprises en forte croissance n’ont pas toujours accès aux prêts bancaires, même si elles sont bien établies car qui dit forte croissance, dit souvent fort besoin en ressource, et les banques ont parfois du mal à suivre et comprendre le business model de l’entreprise. Par conséquent, les dirigeants sont souvent prêts à accepter des taux plus élevés pour mener à bien leurs projets.

        Cordialement,

        Etienne

        J'aime

  10. Thirion pascal dit :

    Grégory on appelle compte courant dans ce cas un apport de fonds à l’entreprise sous forme d’un prêt mais dont la durée permet de le placer en haut de bilan
    L’entrepreneur peut bien-sûr se servir de cet apport de liquidités

    J'aime

  11. Sweech dit :

    À mon avis l’investissement en actions est difficilement faisable parce que la sortie sera quasiment impossible à réaliser, sauf si le patron de PME (personnellement ou par l’intermédiaire de sa société) s’engage contractuellement à racheter les parts des wiseeders à une certaine valeur fonction des performances de l’entreprise à l’échéance prévu.
    L’idéal serait peut-être au travers d’un véhicule ne représentant qu’un interlocuteur pour le propriétaire de PME d émettre des obligations à taux variables, avec un taux relié à la performance de l’entreprise. Et d’organiser par wiseed un second marché permettant de revendre une obligation à taux variables à un autre wiseeder avant l’échéance de cette obligation, le tout étant sans impact pour le patron de PME.
    Ça permet le financement « long », la gestion simple et la sortie organisée.

    J'aime

  12. charleswiseeder dit :

    J’ai l’impression que l’on est à peu près tous d’accord sur le fait que l’idée est intéressante … sous conditions de résoudre le problème de la sortie.

    Mais du coup, une question importante ce pose. Quel niveau de rendement serait acceptable ? Car il ne faut pas se faire d’illusion, si j’ai un risque de défaut de 4 % tous les ans et que l’on me propose de gagner +50% en 10 ans, je ne vais pas y aller car statistiquement cela me rapporterais moins que le livret A.

    Car oui, une PME mature est beaucoup moins risqué qu’une startup, mais l’espérance de gain aussi. Donc sur quoi vous baseriez vous pour savoir si le rendement est intéressant ?

    La question est importante, car lorsque l’on voit des projets avec des risques proches de 0 et un rendement de 5% mettre du temps à lever des fonds. Je me demande si les PME mature avec un risque plus important accepteraient de payer le prix demandé par les investisseurs. Sans oublier que d’une manière ou d’une autre il faudra rémunérer l’intermédiaire.

    Aimé par 2 personnes

  13. Thirion pascal dit :

    Charles
    En ce qui me concerne une base de réflexion pourrait être un pourcentage annuel de l’accroissement du Résultat d’exploitation. Par exemple si le RE est de 100 K€ et celui de l’année suivante est de 200 K€ 10 serait versé par l’entreprise et partagé entre les actionnaires puis l’année suivante si le résultat est de 500 10 pourcents de 300 soit 30 seraient versés par l’entreprise et ainsi de suite tous les ans jusqu’au remboursement

    J'aime

  14. Titi dit :

    Il y a aussi la possibilité d’un investissement en royalties : pas de prêt ou de dilution pour l’entreprise, et l’investisseur est intéressé à la réussite de l’entreprise car il est payé proportionnellement au chiffre d’affaires.

    Aimé par 1 personne

  15. VILLEY dit :

    Bonjour ,
    Le montant ne devrait pas avoir d’importance : Voir les fonds levés par IPO , et la valeur initiale de l’action soit qqs dizaines d’€ !
    Le risque du dossier vis à vis de la concurrence ne fait pas obstacle : cela est obligatoire pour les IPO .
    L’important est de prévoir d’intéresser les actionnaires par des publications trimestrielles …
    L’important est de prévoir une sortie à 5 ou 7 ans dès le début de l’opération : L’apport en capital étant toujours suivi d’un emprunt bancaire , après 7 ans ce dernier est remboursé , et un nouveau peut être mis en place pour rembourser les actionnaires qui le dédirent !
    Cordialement ,
    N.Villey

    Aimé par 1 personne

  16. Grenouille dit :

    Oui , participer à l’économie en la soutenant , tout le monde est pour , reste toujours le même problème récurrent : la sortie
    On le voit dans l’investissement dans les startup , la « sortie » est hypothétique …. Par contre , l’aspect fiscal des startup est un élément intéressant puisqu’il permet une défiscalisation qui pourrait être assimilée à un « remboursement de capital partiel » . Ce n’est pas le cas dans les PME ,donc : l’élément majeur est la fiscalité applicable , et en ce sens , c’est surtout la négociation avec le ministère des finances qui peut rendre un investissement PME attractif .
    Je verrai mieux , comme « Sweech » , un investissement de type « obligation » à taux variable selon le résultat , avec un taux minima .
    Pour ce qui est d’un apport en compte courant dans une PME , cela reviendrait à prêter à un taux variable (fonction du résultat) et durée indéterminée à une entreprise . Je pense le risque énorme pour l’investisseur , le crowdlending , dans ce cas , serait plus intéressant (ils offrent des prêts à paiement différé , je pense que des prêts « in fine » doivent être possibles .
    Mais cela ramène à la question de Charles , sur le risque . En crowdlending , les taux proposés sont autour de 5 à 6 % (pour des risques « moyens ou faibles » ) . A l’arrivée , un crowdlendeur (néologisme ?) , en retire autour de 2 % (défauts , faillites , impôts et taxes) . Les sociétés « sans risque » y arrivent à emprunter à moins de 4% ….
    Ce ne sera pas la poule aux œufs d’or ….

    J'aime

  17. Christophe dit :

    Bonjour,
    Ce serait une très bonne idée. Je suggérerais dans ce cas de retenir quelques segments de marché bien définis et rentables, ce qui permettraient aux Wiseeders de se positionner facilement et de savoir dans quoi ils investissent. Quelques idées:
    – Le financement de la reprise d’entreprises: pour des entreprises mures avec un CA de quelques €M, en général, l’acheteur (personne physique) apporte une part des fonds propres, des investisseurs un complément de fonds propres et les banques prêtent le complément. Au bout de quelques années (5 à 7), l’acheteur rachète la part des investisseurs sur une base x2. C’est un schéma qui ressemble un peu aux projets immobiliers de Wiseed mais sur une période plus longue.
    – Le financement des entreprises en plan de continuation suite à un redressement judiciaire: cela peut faire peur mais le plan de continuation peut être long et la société revenue à meilleure forme; je suis actionnaire d’une telle société dont le plan a été décidé en 2013 et qui doit s’achever en 2021. Son CA 2017 est d’environ €500K, elle fait des bénéfices depuis 3 ans et a une capacité d’autofinancement de plus de €50K sur ces 3 dernières années. Pouvoir emprunter (de façon raisonnable) lui aurait permis de se développer plus vite et elle aurait été prête à le faire à des taux élevés.

    Aimé par 1 personne

    • Etienne COUDARD dit :

      Bonjour,
      Je rejoins tout à fait votre point de vue sur les entreprises en plan de continuation. L’entreprise a connu des difficultés néanmoins si le retournement est acté et l’entreprise de retour à la rentabilité elle aura besoin de fonds pour se développer, hors les banques sont très timides dans ces situations là… Des acteurs alternatifs comme Wiseed peuvent représenter une solution.

      J'aime

  18. Cédric dit :

    ça me semblerait plus qu’évident que Wiseed se lance dans l’investissement dans les PME… On est quand même plus proche de l’économie réelle qu’en lançant une offre sur les crypto-monnaies 😉
    Cela permettrait de rendre accessible une tranche d’actifs, réservé à des professionnels dont les rendements sont plutôt élevés (LBO ou capital développement).
    La vraie question que je me pose reste celle de la proximité avec le projet. Je suis un modeste Wiseeder avec 3 investissements en portefeuille. j’ai cru dans les projets que j’ai soutenu. Par contre, le suivi des participations est très faible et on a du mal à entretenir le lien avec la société que l’on soutient. Si l’offre PME se développe, travailler sur une proximité avec les dirigeants, le salariés et l’évolution de la stratégie d’entreprise redonnerait encore plus de sens à l’investissement.

    J'aime

  19. Charles S dit :

    Bonjour à tous,
    je profite d’un jour de pluie pour lire le blog. C’est passionnant !
    Et vous êtes tous d’un niveau financier > au mien, moi qui me croyait déjà bien éduqué !
    Le capital-développement est la « vallée de la mort » du financement des PME/ETi. La cause est entendue.
    Il y a chez les WiSEEDers que nous sommes un côté militant, un besoin d’agir et aussi une attente forte desdites PME/ETi.
    Personnellement, je ne suis pas certain que le crowd soit le meilleur vecteur:
    – malgré sa forte croissance, il ne représente « que », allez disons ~ 250 M€ / an qq chose comme ça ?
    – alors que les besoins en capital-développement se situent à des niveaux bien supérieurs !
    Même pour les seules PME (oublions les ETi un instant).
    Soyons un brin réaliste, vous êtes – nous sommes formidables, mais le crowd est encore confidentiel en France.
    Moi je regarde plutôt ailleurs, notamment du côté de l’assurance-vie (AV): les Français détiennent 1700 milliards d’€uros d’encours. C’est énorme !
    Hélas 80% de ces sommes sont investies en fonds en €uros, sorte de poche »livret A » de l’AV, dont le rendement s’étiole à cause de la baisse des taux.
    Après avoir tenté le PEA-PME qui végète, le gouvernement réfléchit à l’AV; il a raison.
    Moi j’aimerais qu’il y ait un « nudge » (une incitation douce) pour que 1% de l’AV soit investie en fonds pour PME/ETi. Imaginez-vous ce que les PME/ETi pourraient faire avec … 17 milliards d’€uros !
    Je crois que ce serait une avancée fantastique et un boost magistral pour nos PME/ETi, en France et à l’export.
    Qui plus est, les investisseurs s’y retrouveraient:
    – fléchage sociétal militant de leur épargne
    – rendements à terme important à condition de respecter un horizon long
    – prise de risque minime: 1% de leur épargne, elle-même répartie sur plusieurs lignes PME/ETi
    Mais revenons au crowd. J’ai proposé il y a déjà qq années à Stéphanie Savel (la Présidente) que Wiseed crée son propre véhicule. Et là nul besoin de réinventer le fil à couper l’eau chaude: un bon FiP ou FCPi « fait maison » pourrait faire l’affaire, notamment avec certaines des start-up / PME amorcées, non ?
    A moins que d’autres véhicules financiers de crowd puissent à terme intégrer l’AV
    Mais je rêve peut-être ou … suis trop impatient ?
    « Crowdialement »,

    J'aime

    • YannigRoth dit :

      Pour les investissements en obligations (quelles qu’elles soient) nous prélevons 0,9% en plus du montant investi. Donc si vous investissez 1 000 € dans CopSonic, vous aurez à nous régler 1 009 € frais compris. En espérant avoir répondu à votre question, Yannig

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s