Comment investir dans les startups ? Un bref comparatif entre Business Angels et Equity Crowdfunding

Comme le sujet des startups est de plus en plus à la mode, beaucoup de gens me demandent quelles sont les différentes méthodes pour investir dans les startups, leurs avantages et inconvénients. Cet article, initialement publié sur Medium (WiSEED m’a proposé de le partager aussi sur ce blog, seuls quelques liens et tweets ont été ajoutés par rapport à l’article initial) a pour but de répondre à toutes ces questions sur la base de mon expérience personnelle. Il ne s’agit pas de conseil d’investissement sachant qu’investir dans des startups est bien évidement très risqué.

Depuis 5 ans, j’investis dans des startups au travers de trois méthodes d’investissement : WiSEED et SmartAngels, plateformes d’equity crowdfunding et surtout Alsace Business Angels, réseau de Business Angels de la Fédération France Angel. Dans tous les cas, l’investissement dans une startup représente un risque important et il convient d’investir dans un nombre significatif de startups pour diversifier son risque (la performance des investissements suivant une loi de puissance). Sur 10 startups, 5 vont échouer et une seule atteindra une taille significative.

Le capital innovation n’est pas une activité très lucrative, le taux de rendement annuel sur 10 ans étant de l’ordre de 2% (voire les statistiques de France Invest). L’état corrige partiellement cela en incitant fiscalement l’investissement dans les startups (mais cela est de plus en plus remis en cause). Ce taux est cependant en croissance au fur et à mesure que l’écosystème startup se structure.

rendement capital-risque.jpg

Performance nette du capital-innovation par millésime (source : AFIC / EY via @SebVentures)

Faisons donc un petit tour des avantages et inconvénients de ces trois méthodes d’investissement dans les startups.

WiSEED : L’investissement facile

C’est la plateforme la plus accessible avec des tickets d’investissement qui commencent à 100€. Vous ne devenez pas directement actionnaire de la startup, mais d’une société holding intermédiaire qui elle est actionnaire de la startup (schéma ci-dessous).

ingenierie_schema_startup
Cette structure intermédiaire a bien évidement des coûts et 5% du capital investit ainsi que 10% de la plus-value servira à rémunérer WiSEED. WiSEED se rémunère aussi chez la startup, entre 6–10% du capital levé plus un forfait annuel de 3 000€. C’est donc globalement assez cher, mais moins que les solutions “d’avant” type FCPI (fonds communs de placement dans l’innovation) qui prennent 5% à l’entrée, puis 3-5% tous les ans.

En contrepartie, vous avez un suivi (presque) trimestriel des sociétés via un reporting qui vous permet de suivre la vie de l’entreprise et son état (le tout sur la plateforme). Vos droits sont représentés par le président de la WiCap à un des organes de gouvernance de la startup (mais nous ne connaissons pas le pacte d’actionnaire). Bref, vous ne vous occupez de rien, ce qui implique de faire un minimum confiance à WiSEED.

portefeuille investissement WiSEED

Extrait du portefeuille de Sébastien Derivaux, Business Angel inscrit sur WiSEED

SmartAngels : L’investissement actif

Chez SmartAngels, l’investisseur est directement actionnaire de la startup. Les tickets d’entrées sont donc plus élevés (montant minimum entre 1 000 et 5 000€). En échange, les frais de SmartAngels sont moindres et uniquement sur le capital investi (pas de récurent ou de participation à la plus-value). C’est entre 0,5–5% pour l’investisseur et 1–5,8% pour la startup en fonction du montant.

De fait, vous devez vous même étudier le pacte d’actionnaire proposé. Ils sont tous différents et sont rarement en faveur de l’investisseur minoritaire. Pour ce qui est du reporting, c’est à la discrétion de la startup, donc autant ne pas en attendre trop. Par exemple, nous sommes à mi-mars au moment d’écrire ces lignes et je n’ai reçu aucune information concernant 2017. A contrario, sur WiSEED, toutes ont publié un reporting du 4e trimestre 2017.

La plateforme me semble plus active que WiSEED en nombre de deals :

Alsace Business Angels : La proximité et le concret

Alsace Business Angels est un réseau de Business Angels (BA) présent depuis 2006 en Alsace. Si chaque réseau a ses spécificités, cet exemple doit être assez représentatifs des autres réseaux.

Un réseau de BA, c’est avant tout des femmes et des hommes (70 à ce jour) qui s’impliquent pour le développement économique de leur territoire. On se rencontre a minima tous les deux mois lors des plénières de présentation des projets. On rencontre aussi les entrepreneurs. Il y a donc forcément une composante rencontre/networking plus importante que sur les plateformes digitales.

L’investissement passe principalement par un fonds d’investissement (ce qui n’est pas le cas de tous les réseaux). Il s’agit d’une société créée spécifiquement avec un conseil d’administration qui décide sur quels projets investir. Le Business Angels ne choisit donc pas directement ses investissements (c’est le conseil d’administration auquel tous peuvent candidater). Il peut néanmoins, s’il le souhaite, investir en complément sur certains dossiers qui lui plaisent particulièrement.

Une plénière de pitchs (voir la photo illustrant mon tweet ci-dessous) :

 

Du coté du deal flow, la majorité des projets Alsacien passent par l’association (en Alsace, très peu vont en Equity Crowdfunding). C’était même 100% des startups numériques qui ont levé des fonds d’amorçage en 2017. Par contre, la contrainte géographique que l’on s’impose limite évidement le nombre de dossier à étudier (20 par an passent la pré-sélection).

Sur les frais, l’adhésion annuelle est de 500€ (payé par l’investisseur) et la commission d’investissement est de 2,5% (payé par la startup lors de l’investissement). Le fonds d’investissement entraîne des frais (cabinet comptable, banque) contenus d’environ 0,5% annuels. Ces frais réduits sont rendus possible par le travail bénévole des membres de l’association. Le ticket d’entrée dans le fonds d’investissement est de 20 000€ (réservé au membres).

Sur le suivis des startups, il y a toujours un membre au comité stratégique de la startup, le fonds fournit une lettre d’information trimestrielle et l’on discute des sujets lors des plénières.

En conclusion

Il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes pour investir dans les startups à partir de montant assez faibles (100€), que l’on veuille rester au chaud devant son ordinateur ou en allant sur le terrain à la rencontre des entrepreneurs.

Je pense que si l’on dispose des moyens pour rejoindre un réseau de BA local et d’un peu de temps, l’expérience est bien plus vivante et plus gratifiante. Cependant, les plateformes en lignes sont pratiques pour avoir accès à un deal flow plus large et tomber sur la future pépite.

Et vous, faites-vous partie de réseaux de Business Angels ? Partagez-vous mon avis ?

sebastien derivauxSébastien Derivaux

Business Angel

WiSEEDer

Rappel : Cet article a initialement été publié par @Sébastien.Derivaux sur Medium, sous le titre « Comment investir dans les startups ? ». Seules quelques phrases d’introduction, de conclusion, visuels et liens ont été ajoutés, le reste étant fidèle à l’article original.

10 réflexions sur “Comment investir dans les startups ? Un bref comparatif entre Business Angels et Equity Crowdfunding

  1. François de Tréglodé dit :

    Bonjour,
    Je fais partie du réseau parisien de BA « Investessor » depuis 2012. A cette époque, l’association existait depuis une quinzaine d’années, animée principalement par ses 2 co-fondateurs et quelques membres spécialement actifs.
    Depuis, l’organisation générale s’est élargie et enrichie de plusieurs structures, tel Welikestartup dont la vocation est de professionnaliser et de donner de la valeur à l’ensemble par l’animation d’une plateforme accessible aux BA et aux startups.
    Dans l’éco-système figure entr’autres une Siba qui mutualise les tickets, ainsi qu’un accélérateur qui propose ses services de coaching aux startups avant la levée. Nous sommes environ 250 à 300 membres, nous recevons environ 2000 dossiers par an sur lesquels après sélection de 20 à 30 sont financés, et cela a représenté environ 5 M€ en 2017 auxquels il faut ajouter les réseaux qui se joignent à nous en bénéficiant de notre expertise, soit des investissements totaux de l’ordre de 20 M€.
    Le montant des tickets varie bien sûr suivant les BA et les dossiers, mais 99% d’entre eux se situent entre 5000 € et 20000 €.
    Ce qui rend cette expérience passionnante est la rencontre avec des entrepreneurs, le plus souvent assez jeunes qui dégagent une foi dans leur projet et leur avenir et témoignent d’un engagement souvent passionné. Participer à l’économie du pays est aussi une motivation.
    De nombreux BA sont particulièrement actifs dans les différents process qui vont de la sélection à la participation aux comités stratégiques en passant par l’instruction des dossiers, les closings et les négociations afférentes. Investessor propose chaque année à ses membres 6 séances de formations animées par des experts (fiscalité du BA, propriété industrielle, sélection des dossiers, pacte d’actionnaires etc.)
    Dès lors qu’un BA est disposé à investir non seulement de l’argent mais aussi du temps et à s’engager concrètement aux côtés des startups, l’investissement en direct via une association, telle Investessor est recommandable, car, isolé, le BA représente peu alors que le groupe va non seulement peser mais aussi beaucoup apporter à la startup du fait des complémentarités de compétences, outre l’avantage de confronter nos points de vue avant d’investir et de bénéficier de l’infrastructure et de la logistique d’un groupe actif de BA.
    L’investissement étant à haut risque, il convient de multiplier les tickets afin que l’hétérogénéité des sorties soit lissée. A titre personnel, j’ai réalisé une sortie à +20%, deux sorties à x 2, une sortie à x 10 (la pépite) et une sortie « les pieds devant » …
    Un conseil de bon sens est de n’investir que de l’argent qu’on peut perdre : bien que nous soyons naturellement à l’affût de la bonne affaire et désireux de sortir par le haut, la perspective de gain ne peut être la motivation première du BA.
    Concernant Wiseed, le travail effectué dans le domaine du financement immobilier me rend cette plateforme attractive et j’y participe régulièrement et … patiemment.

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  2. charleswiseeder dit :

    Bonjour,
    Je pense que l’on peut encore aller plus loin dans la réflexion.
    Je pense qu’il faut garder en vue les règles prudentielles. En effet, compte tenu des niveaux de risque, il est conseiller soit, que cela ne représente 5% de son patrimoine, soit que nos revenus nous permettent de reconstituer ce montant très rapidement. Or, il y a une seconde règle qui dit que pour tendre vers un niveau de risque correcte, il faudrait minimum 20 lignes (certain parlent de 100 mais bon) sur ce type de placements. Autrement dit il faudrait que chacun des tickets ne dépasse pas 1/400 de notre patrimoine.
    Ainsi le top du top, les BA individuels ont l’expérience la plus valorisante, tant financièrement que moralement. Cependant, le hic c’est qu’avec des tickets a plus de 100 000€, ce sont généralement des millionnaires ayant été chef d’entreprise avant et nécessite une implication très forte dans chacun des investissements.
    Apres, sont née, les associations de BA. La mise en commun des mises réduit déjà fortement les capacités financières demandées mais reste généralement réservé à une élite (400 000€ de patrimoine soit 2.5 fois le patrimoine médian en France).
    Puis est arrivé le crowdfunding, dans un premier temps cela nécessitait le statut d’ « investisseur qualifié ». Dont l’un des critères était un niveau de patrimoine financier de plus de 500 000€. Certaines plateformes ont donc fait une règle de 3 et fixé un minimum à partir de ce critère. Ces plateformes ont gardé cet esprit, d’investisseur Qualifiés. Vous y êtes donc traité comme des professionnels à qui l’on ne va pas apprendre à lire un bilan, ou un pacte d’associés.
    Puis enfin, l’investissement dans les start-up c’est généralisé en partie grâce à Wiseed, avec le ticket à 100€ et surtout la fin de la nécessite de ce statut qui rend le placement accessible a presque tout le monde. Mais en s’adressant à tout le monde, cela inclue ceux n’ayant aucunes connaissances en gestion d’entreprise, en gestion de portefeuille ni même en analyses financières.
    Au final, comme beaucoup qui ce prennent au jeu de suivre une entreprise, j’aimerais faire partis d’une association de BA. Cependant, le niveau des tickets, en fait un risque trop important surtout que les valorisations d’entrée – sorties sont souvent très aléatoires.
    Cordialement,
    Charles

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    • sebastienderivaux dit :

      Personnellement, je ne regarde pas vraiment l’investissement dans les startups comme une stratégie patrimoniale. C’est risqué et l’écart-type de l’espérance de gain est très important. A la place d’investir dans les startups, je pourrais avoir une Renault Kadjar (modèle pris au hasard) au lieu de mon antiquité et mon vélo. Mais je conçois que tout le monde n’aime pas à ce point rouler en vélo.

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  3. Jérôme dit :

    Bonjour,
    Je me sens très bien chez Wiseed, même si j’explose toutes les règles prudentielles semble t il.
    Avec quasiment 20 lignes (et 2 projets en cours de financement non clôturés) sans être actionnaire direct (car via le holding Wicap) on arrive a avoir des liens particuliers avec certains entrepreneurs. Et ça c’est merveilleux.
    Cordialement
    Jérôme

    Aimé par 2 personnes

  4. frederic dit :

    Il serait bien que les reseaux de BA co-investissent /abondent de manière plus regulière aux tickets de Wiseed pour avoir un effet de levier superieur . La masse critique des investisseurs Wiseed meme si elle augmente est encore trop faible. Un bon dossier ne devrait pas rester plus d’un mois en souscription.

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    • sebastienderivaux dit :

      C’est une piste en effet, mais plus difficile à faire. Le seul dossier qui nous intéressait et levait aussi sur une plateforme d’equity crowdfunding (pas Wiseed) remonte à 2014 et nous n’étions pas d’accord avec le pacte imposé par la plateforme.
      Qu’il y ait des BA au tour de table est un critère que je regarde.

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      • louisewiseed dit :

        Bonjour à tous,

        Nous co-investissons très régulièrement avec des réseaux de BA. Soit ils sont déjà présents dans au capital de la société, soit nous nous mobilisons en même temps.
        Les deux réseaux avec lesquels nous sommes les plus actifs en ce moment sont BADGE à Paris, avec qui j’échange beaucoup, et Forinvest avec qui nous avons plusieurs participations communes.

        Avec les autres réseaux c’est plus ponctuel, mais nous nous connaissons et aujourd’hui le modèle de WISEED permet de facilement nous positionner ensemble.

        L’effet de levier se passe aussi auprès des fonds régionaux (cela vient d’être annoncé pour Poietis, mais c’est aussi le cas sur d’autres participations), et les fonds d’amorçage.

        Pour les temps de collecte : c’est tellement variable d’un projet à l’autre ! Mais la moyenne est encore à 2 mois.

        Bonne journée !
        Louise

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  5. Charles S dit :

    Bonjour à tous,

    ha que j’aimerais être un BA actif !

    Malheureusement mes modestes émoluments ne m’autorisent que d’être un micro ou nano actionnaire … grâce à Wiseed et ses tickets démocratisés.

    J’espère un jour rejoindre un club de BA ce serait super. Las, il me faudrait des multiples bien supérieurs à ceux actuellement publiés. Laissons le temps et les talents faire leur œuvre.

    On touche aux limites du crowd equity que j’ai déjà évoqué dans un autre post: les start-up sont en réalité relativement bien financées en France. c’est le capital développement qui pêche. Songez par exemple que Blablacar – qu’on ne présente plus par ces temps de grêve – a dû se financer par 2 fois aux USA, pour lever à 2 reprises … 100 millions de $, rien que ça !

    Etre BA ou investisseur Wiseed c’est très bien. Ce sont des moyens financiers corrects. Mais c’est aussi un état d’esprit. Et c’est surtout une culture économique et financière.

    Et c’est là qu’on pêche aussi en France. les Français ont de l’argent; ils épargnent bcp: 14% de leur revenu disponible, c’est quand même énorme ! Mais faute de connaissance suffisante, ils se ruent sur les livrets A, fonds en €uros et immobilier de rapport, défiscalisés ou pas.

    Prononcez le mot « actionnaire », « dividende », voire plus témérairement « plus-value » en société (sans mauvais jeu de mots), et vous serez immédiatement au mieux catalogué, au pire ostracisé par une majorité de votre auditoire.

    Et nos politiques sont les plus cyniques de tous. Les nouvelles Lois sur la transparence nous enseignent à présent sur la réalité de leur patrimoine: « vous comprenez, il faut soutenir nos PME face aux mastodontes des CAC 40 et à la concurrence étrangère … » les entend – t-on déblatérer à longueur d’interview.
    Or combien ont des actions ou fonds investis en PME/START-UP ou ETi ? Très peu d’entre eux.
    Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. En témoigne cet article édifiant des Echos:
    https://patrimoine.lesechos.fr/placement/epargne/0301257920575-nos-ministres-gerent-ils-bien-leur-patrimoine-2151222.php
    Dans le gouvernement précédent c’était encore pire: seuls 2 à 3 d’entre eux avaient du patrimoine mobilier (actions etc …).

    Toutefois, qu’il me soit ici permis de saluer Arnaud Montebourg, ex ministre de l’industrie. lui a co-investi auprès des Wiseeders que nous sommes dans … Newind. Moi aussi. Politiquement ce n’est pas du tout ma tasse de thé, mais bon, lui au moins l’élégance de joindre le geste à la parole. Il a simplement oublié un principe élémentaire, largement cité dans ces colonnes: la diversification. Il a perdu 50 000 €uros.
    C’est dommage car je souhaite qu’il continue à investir et prendre le rôle d’un BA, comme tous les autress d’ailleurs.

    Il faut imprimer la culture du risque économique à l’école, pour demain multiplier les BAs … et les WISEEDers.

    Crowdialement,

    Aimé par 2 personnes

    • Fabien Raynaud dit :

      Je vous rejoins complètement, Charles.
      La démocratisation du financement participatif et une meilleure éducation financière (ou une éducation tout court) dès l’école permettra de contribuer à apporter plus de flux d’argent vers l’économie réelle pour alimenter les entreprises en amorçage.
      Avec cet effet, peut-être que les BAs pourront se regrouper davantage et apporter plus de capital pour soutenir le capital croissance.
      Mais effectivement, ce qui pêche aujourd’hui c’est la phase de croissance de nos startups où elles ont besoin de cash.

      Aimé par 1 personne

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