Les Français – et les WiSEEDers – souhaitent contribuer au financement des ENR à l’échelle nationale

La semaine dernière, l’institut de sondage YouGov a présenté les résultats d’une enquête commandée par Financement Particpatif France (FPF) et le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire (MTES). Cette enquête a été menée auprès d’un panel représentatif de la population française et auprès d’investisseurs sur les plateformes de crowdfunding, dont WiSEED. L’objectif était notamment de mieux connaître les motivations des investisseurs dans le financement des ENR et de mesurer l’attrait du financement de ce type de projets auprès des français.

Pourquoi avoir lancé une enquête ?

Comme le souligne FPF, il existe aujourd’hui une croissance forte du marché du financement participatif de la transition énergétique au sens large. Celle-ci est portée par différents phénomènes dont l’implication des développeurs, la politique gouvernementale, l’intérêt croissant des citoyens pour ce type de projets et la facilité que procurent les outils technologiques web.

Dans ce contexte, le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire (MTES) et Financement Participatif France (FPF) ont souhaité mener une enquête pour :

  • Identifier quels sont les tenants et les aboutissants de ce marché ;
  • Etudier la perception des citoyens français de ce marché et de son financement, leurs attentes et leur comportement ;
  • Mieux comprendre comment raisonnent les investisseurs, quelles sont leurs motivations ;
  • Avoir des arguments pour discuter avec les pouvoirs publics d’assouplissements de certaines contraintes dans le secteur, comme les contraintes géographiques des collectes ENR.

Une étude a été menée par l’institut YouGov en février 2019, auprès d’un panel de 1 038 adultes français représentatifs de la population nationale, et de 2 367 investisseurs dans des projets d’EnR sur 8 plateformes de financement participatif représentant 90% du marché (Akuocoop, Enerfip, Lendopolis, Lendosphere, Lita.co, Lumo, Tudigo, WiSEED).

Merci aux nombreux WiSEEDers qui ont participé à l’enquête !

Nous remercions les WiSEEDers qui avaient été sollicités et qui ont pris le temps de répondre à cette enquête. YouGov et FPF ont comparé les comportements des personnes qui investissent dans les énergies renouvelables via des plateformes de financement participatif avec le reste de la population française.

Voici les principaux résultats de celle-ci, comprenant vos réponses mais aussi celles d’investisseurs d’autres plateformes, ainsi que celles de Français n’ayant jamais investi dans des énergies renouvelables en crowdfunding :

  1. Les citoyens français ont une bonne opinion du secteur des énergies renouvelables car ils ont conscience de l’importance de la transition énergétique sur leurs modes de vie. Bien qu’une faible proportion d’entre eux ait déjà investi dans ce secteur, l’intention future d’investir est encourageante. Toutefois, le placement sur les plateformes de financement participatif étant associé à un risque moyen, les Français soulèvent un besoin de pédagogie, et les investisseurs un besoin de réassurance ;
  2. Sensibles à la cause environnementale, les Français s’accordent sur le désir de contribuer au développement du secteur des énergies renouvelables à l’échelle nationale. On note également que la proximité géographique n’est pas une motivation clé de financement. Ils souhaitent pouvoir investir dans des projets d’énergies renouvelables à l’échelle nationale, et pas forcément à l’échelle locale ;
  3. Les attentes des français lorsqu’ils financent des projets ENR sont de donner l’exemple du changement souhaité pour la planète, de voir quelque chose se concrétiser, et d’obtenir un rendement financier intéressant. Les Français qui investissent sur les plateformes de financement participatif dédiées aux énergies renouvelables le font surtout car ils souhaitent soutenir la transition énergétique. Stéphanie Savel, Présidente de WiSEED et de FPF, parle d’ailleurs d’investissement à « cerveau total », à la fois émotionnel et rationnel.

Il est très encourageant de noter que les Français ont une opinion positive du secteur des énergies renouvelables (8 Français sur 10) et qu’ils ont globalement conscience de l’importance de la transition énergétique (3 Français sur 4). Cela démontre l’urgence perçue de la transition énergétique, une tendance de fond indispensable au développement de ce secteur du crowdfunding !

En termes de placements, justement, on observe que seule une faible partie des Français a déjà investi dans le secteur des énergies renouvelables (18 %), mais 41 % souhaiteraient commencer ou continuer à investir dans les ENR. Ces réponses sont elles aussi encourageantes pour le secteur du financement participatif de la transition énergétique et devrait continuer à alimenter sa croissance forte.

Vous vous en doutez : l’étude révèle que la proximité géographique n’est pas un facteur clé d’investissement ! Elle n’est mentionnée que par 13 % des Français comme une motivation pour investir, et par 24 % des investisseurs (ça fait 76% des investisseurs pour lesquels la proximité géographique n’est pas importante). 1 Français sur 2 déclare qu’il souhaite investir à l’échelle nationale plutôt que se concentrer uniquement sur des projets construits près de chez lui.

En réalité, c’est plutôt la sensibilité à la cause environnementale qui motive principalement les Français à investir, ainsi que le désir de contribuer au développement des énergies renouvelables en France.

Voici les 5 motivations d’investissement, par ordre d’apparition :

  1. Donner l’exemple du changement souhaité pour la planète (55% au sein de la population française, 70% pour les investisseurs en crowdfunding) ;
  2. Voir quelque chose se concrétiser/se construire (46% au sein de la population française, 76% pour les investisseurs en crowdfunding) ;
  3. Obtenir un rendement financier intéressant (38% au sein de la population française, 69% pour les investisseurs en crowdfunding) ;
  4. Obtenir de l’information sur l’évolution du projet (35% au sein de la population française, 63% pour les investisseurs en crowdfunding) ;
  5. Être impliqué activement dans la gestion du projet : vote sur les décisions, réunions régulières, etc.) (28% au sein de la population française, 18% pour les investisseurs en crowdfunding).

Vous pouvez accéder à l’ensemble des résultats en cliquant sur l’image ci-dessous :

Deck Enquete FPF

Cliquez sur l’image pour accéder aux résultats détaillés

Continuons à nous mobiliser pour la transition énergétique

La bonne nouvelle, c’est que WiSEED vous propose depuis 2016 de nombreux projets d’énergies renouvelables, locaux et nationaux ! Actuellement, il y a un projet en collecte pour Quadran, vous permettant de participer au financement de la construction d’une centrale photovoltaïque au sol dans la commune de Saint Magne (33). 👇👇👇

Ouverte dans un premier temps aux habitants de la région Nouvelle-Aquitaine, la collecte sera ouverte au national à compter du 26 mai si le minimum de 150 k€ n’est pas atteint en région. Au plaisir de vous accueillir au sein de notre communauté,

Jean-Marc Clerc_5_NBJean-Marc Clerc

Responsable du Pôle ENR

WiSEED

7 réflexions sur “Les Français – et les WiSEEDers – souhaitent contribuer au financement des ENR à l’échelle nationale

  1. charleswiseeder dit :

    Bonjour,
    J’ai été très étonné des résultats de l’étude. Pas sur l’importance de la proximité ou non, mais sur la proportion de personnes ayant déjà et souhaitant investir.
    En effet, la proportion de personne détenant des actions/obligations en bourse est très faible en France et baisse à chaque crise financière.

    Ayant ensuite regardé le détail de l’étude, je trouve la présentation trompeuse. En effet, sur les 18% ayant déjà investis, le résultat doit être faussé par la présence des LDD, avec 10% de réponse positive. Or le LDD n’est pas plus un investissement dans les ENR que le Livret A n’est un placement immobilier.
    Le second support le plus utilisé étant à 3% de réponse positive me semble plus réaliste. Il serait donc intéressant de savoir la proportion de personnes hors LDD. Tant en terme de passé (ceux ayant déjà investis) que de potentiel.
    Sachant que comme le dit l’expression l’occasion fait le larron, donc la pertinence du placement fera son potentiel réel a long termes.

    Aimé par 1 personne

  2. stephaniewiseedcom dit :

    Bonjour,
    Parfaitement d’accord : le LDD fausse la tendance ou, en tous cas, donne l’impression de financer des projets liés au développement durable alors que… comme vous le dites si bien !
    Si je lis bien les résultats détaillés de l’enquête :
    – parmi le panel de la population française, c’est effectivement 10% des réponses via un LDD
    – parmi les investisseurs des plateformes, le pourcentage est de 37%

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  3. Anthaus dit :

    Content d’avoir participé à cette enquête. J’espère qu’elle permettra de mettre un terme à cette « préférence locale » totalement arbitraire et absurde, et que tous les Français pourront soutenir les ENR sur l’ensemble du territoire (et pourquoi pas, à terme, la même chose à l’échelle européenne).

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  4. frederic dit :

    Comme offres disruptives sur les EN (qui n’existent nul part en France)
    – Penser a l’Equity (vs Lending) . En effet, pourquoi ne pourrait on pas etre proprietaire de parts avec dividendes a la clé (vs prets) ?
    – Penser a l’hydroelectricité. C’est beaucoup plus rentable que le Solaire et les Eoliennes, et EDF (soumis par les reglementations) va etre contraint de mettre sur le marché des barrages. Et je ne parle meme pas des micro-centrales hydro-electriques qui appartiennent a des privés qui seraient peut etre ravis de proposer des parts a des privés . Lumo a proposé une offre il y a 2 ans sur la construction d’une centrale hydro-electrique mais il s’agissait d’un pret (vs equity)
    Le top « in fine » serait de proposer d’acheter des part de centrales hydro (rendement superieur a 10% par an). Enfin ce ne sont que des idées
    Bien a vous
    Frederic

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    • jeanmarcclerc dit :

      Bonjour,
      Le financement de centrales hydro aurait en effet tout son sens sur WiSEED : projets ENR, porteurs d’histoires patrimoniales longues, sujets techno et business model finalement peu connus, enjeux et solutions de protection de l’environnement sur une ressources rare, l’eau … Plusieurs difficultés apparaissent malheureusement : c’est un milieu fermé, les centrales sont détenues par quelques groupes et familles qui ne veulent pas communiquer et qui n’ont pas besoin de fonds ; les banques acceptent aussi des niveaux très élevés de gearing car elles sont à l’affût de ce type de financement assez sécurisé (sur les gros cours d’eau).
      C’est dommage car ce sont des projets qui pourraient être très pédagogiques sur les enjeux de la transition énergétique (et qui eux-mêmes subissent le dérèglement climatique avec des variations de plus en plus importantes des cours d’eau, voir l’assèchement pour certains) et qui ont de belles histoires à raconter.
      Nous sommes en recherche active, si des WiSEEDers ont des contacts, nous sommes à votre disposition !
      Bien à vous,
      Jean-Marc

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  5. charleswiseeder dit :

    Bonjour,
    Il est vrai que des investissements ENR en equity sont rare. Est ce qu’il n’y as pas de possibilité du coté de TLS GEOTHERMICS ? Leur model économique est de développer ce type de projet pour des grands groupes. Une Wicap pourrait donc être un de leur client-partenaire. Et la société ayant aussi une wicap dans son capital, ce serait un bon moyen de co-développement. Ceci dit pour qu’un projet a aussi long termes soit viable il faudra prévoir un marché secondaire. Par forcément un gros marché, mais au moins un carnet d’ordre qui s’exécuterais tous les 3-4 ans.
    Cordialement,
    Charles

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  6. René Zanni dit :

    Quand on pense énergies renouvelables, on pense photovoltaïque et éolien, or ces techniques ne sont pas rentables en France. Le photovoltaïque pourrait être rentable en zone tropicale ou équatoriale, sous réserve d’avoir un cycle de vie durable. Il pourrait devenir rentable sous nos latitudes si une nouvelle technologie plus efficiente était découverte, mais cela est aléatoire. Le solaire thermique par contre, pourrait être beaucoup plus efficace.
    L’hydraulique est sous-exploité à cause du lobby d’EDF. Comme l’a dit un intervenant le géothermique peut s’avérer intéressant par endroits (Bassin parisien, Alsace, Massif Central,…). On a aussi tendance à oublier la méthanisation qui produit du gaz naturel et évite les émissions agricoles. Là encore EDF a été un frein important pour la filière.
    Enfin un point très important est la prise de conscience que la relocalisation de la production d’énergie est un élément fondamental pour changer de paysage énergétique car c’est un outil-clé pour permettre aux communes/régions de reprendre la main sur les fournisseurs d’énergie.

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