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Adieu Livret A, bonjour crowdfunding !? Témoignage d’un investisseur ultra-diversifié

Il y a environ 1 an je travaillais pour une startup du web dans le monde de la santé qui a connu un beau développement et qui chaque année consacrait une belle partie de son chiffre d’affaire à la R&D.  Pour gérer le décalage de trésorerie engendré par le formidable Crédit Impôt Recherche (CIR), nous avons entrepris de solliciter l’ensemble des acteurs (banques, investisseurs…), mais aussi 2 plateformes de crowdfunding. Mais voilà, en France aucun organisme financier ne veut couvrir ce décalage de trésorerie, et vous pouvez imaginer ma déception de voir que le jeune et innovant marché du crowdfunding n’était pas en mesure de le faire non plus. Malgré la déception de l’entrepreneur, mon côté investisseur est ressorti des plus enthousiastes.

Apprendre le crowdfunding en marchant

Mon enthousiasme je l’ai gagné grâce à l’incroyable réactivité et professionnalisme que j’ai pu percevoir au travers de mes échanges avec les 2 plateformes. Si l’entrepreneur que j’étais avait été un peu déçu, mon rôle de « bon père de famille » s’est éveillé devant la promesse faite par toutes ces plateformes de vous proposer des taux que votre banquier n’a plus vraiment l’occasion de vous proposer depuis des lustres…

Alors sur quelle(s) plateforme(s) investir ? Lesquelles proposent les meilleurs rendements, ont les meilleurs taux de défaut, ont les plus grandes communautés de prêteurs ? Faut-il prêter sur 12, 24 ou 84 mois ? Prêts avec échéances mensuelles ou obligations ? Dans quels domaines investir ? Des PME ou des ETI ? Dans les énergies renouvelables, dans l’immobilier ou chez le boulanger du coin qui cherche à s’installer ?  Quelle fiscalité ? Quel rendement espérer au final ?

Si le principe de base de toutes les plateformes est on ne peut plus simple, au final quand vient le moment de faire son premier prêt,  on a un peu l’impression d’être face à un mur de questions qui nous empêche d’avancer. Chacun sa façon de se lancer. Pour ma part j’ai choisi de prêter quasi simultanément sur 9 plateformes différentes, auxquelles j’ai ajouté par la suite 2 autres plateformes. (October,  WiSEED, Unilend, Lendosphère, Credit.fr, Pretup, Lendopolis, Bolden, Les Entreprêteurs, Prexem, Tributile).

La jeunesse du crowdfunding fait qu’aujourd’hui peu de personnes ont suffisamment de recul pour vraiment en établir un état des lieux précis. Nous apprenons tous en marchant avec de bonnes et moins bonnes expériences… mais le petit monde du CrowdLending est unanime : il faut diversifier !

Diversifier oui, mais jusqu’où ?

Chacun y va de sa petite formule statistique dont le but est de limiter au maximum les effets du taux de défaut et des risques inhérents à ce type de placement. Pour ma part j’ai décidé de diversifier à l’extrême en suivant les principes suivants :

Bilan : Après un peu plus de 10 mois je suis donc présent sur 11 plateformes de crowdfunding et j’ai prêté sur plus de 150 projets. Belle diversification non ? Mais cela reste qu’un début puisque je continue d’investir sur 10 à 20 projets par mois. La répartition des montants investis par plateforme  est actuellement la suivante :

En réinvestissant chaque mois la totalité du capital et des intérêts perçus, je permets à mon portefeuille de continuer à évoluer sans dépôts additionnels mais surtout de le diversifier encore plus.

Quid de l’immobilier ?

J’ai toujours aimé l’immobilier. La pierre est et restera toujours une forme de placement sans équivalent. Mais aujourd’hui j’ai tiré un trait je pense quasi définitif sur ce type de placement tout au moins celui de l’investissement locatif. Ma résidence principale elle reste un bon placement. Mais le locatif… Pourtant tout avait bien commencé. J’ai investi dans le locatif en 2001. J’ai fait un prêt que l’on appelle à 110% couvrant la totalité du bien + les frais de notaire. Mon loyer a toujours couvert les remboursements de mon prêt et des charges. Quand j’ai revendu en 2015 j’ai plus que doublé. Bilan : un placement avec un taux d’intérêt imbattable puisque sans avoir investi le moindre centime j’ai fait l’acquisition d’un bien.

Mais l’immobilier locatif est devenu à mon sens trop chronophage et énergivore. Même accompagné de professionnels je n’ai cessé au cours des 15 années de gérer des problèmes de loyers non payés, d’assurances qui ne jouent pas leur rôle, d’agences qui ne sont pas à la hauteur de leurs promesses, et de réglementations qui ne cessent de changer. Bref au final si l’on n’est pas soit même un professionnel de l’immobilier cela devient à mon sens de plus en plus compliqué d’y investir son argent.

Je pense avoir trouvé dans le crowdfunding immobilier une véritable alternative au placement immobilier locatif. Autant il est difficile de diversifier dans l’immobilier locatif, autant c’est simple avec le crowdfunding immobilier (ticket d’entrée 100€ chez WiSEED). Les taux bruts du locatif atteignent rarement plus de 3 à 6% contre 8 à 11% sur le crowdfunding immobilier.

Certes côté immobilier locatif, il y a des possibilités de défiscalisation que l’on n’a pas aujourd’hui dans le crowdfunding immobilier, mais au final c’est aujourd’hui la totale dématérialisation que j’apprécie dans le crowdfunding immobilier. Vous participez au développement de la pierre sans en avoir les inconvénients opérationnels et ça n’a pas de prix pour moi. Maintenant, c’est aux professionnels du crowdfunding immobilier de nous prouver dans le temps leur transparence sans faille et la fiabilité de leurs recommandations pour nous permettre un rendement très largement supérieur à ce qu’un établissement bancaire peut nous proposer via ses produits traditionnels.

Apprendre le crowdfunding par le partage

L’intelligence collective n’est-elle pas le fondement du crowdfunding ? Le monde du crowdfunding  est en pleine évangélisation tant au niveau de l’emprunteur qui doit comprendre qu’il existe d’autres alternatives que sa banque pour obtenir un financement (et que les 2 sont plus complémentaires), que du prêteur qui doit assimiler qu’obtenir 5 à 11% d’intérêt est possible même si sa banque ne lui propose guère mieux que les 2,5% de l’assurance vie.

J’ai souhaité initier au travers mon blog Crowdfunding argent-et-salaire.com de publier de manière régulière l’ensemble des informations du portefeuille crowdfunding lancé début 2016 : Montants investis, taux moyen, durée moyenne, taux de défaut, liste des projets, listes des plateformes, rendement global à terme… voici quelques-uns de mes derniers chiffres.

Avoir partagé ce portefeuille me permet aujourd’hui de rentrer en contact avec de nombreux investisseurs ayant déjà investi ou souhaitant investir et qui apprécient de partager leur propre expérience du crowdfunding. Ces échanges quotidiens me permettent chaque mois de réaliser certains équilibrages sur chacune des plateformes.

Comme on le dit souvent les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il est important d’avoir un œil critique et objectif sur son portefeuille et prendre en compte l’une des particularités du crowdfunding qui est qu’un défaut à plus de chance statistiquement de se produire dans le temps qu’en tout début de projet.

Le rendement de son portefeuille doit donc être analysé sur une durée de plusieurs années avant de pouvoir être véritablement jugé. Ayant pour ma part une durée moyenne d’investissement de près de 40 mois, je me fixe encore 2 ou 3 ans pour obtenir une véritable tendance du rendement atteignable sur ce type de placement. A suivre donc !

Alors, ce livret A, on en fait quoi ?

La télévision n’a pas enterré le cinéma, et le crowdfunding n’enterrera pas le Livret A. Comme toujours quand un nouveau type de placement apparaît, il s’agit de trouver un nouvel équilibre qui répond à vos propres objectifs en fonction de vos appétences, des taux, des risques et des durées d’investissement de chacun des types de placements. Une chose est sûre : on manque encore de recul sur le crowdfunding et c’est certainement l’intelligence collective tripartite (plateformes, emprunteurs et prêteurs) qui en définira son évolution dans le temps.

Mais en cette année d’élection, un 4ème acteur qui a le pouvoir de véritablement booster le crowdfunding est très attendu ! Espérons que 2017 soit donc l’année de l’économie réelle et participative !

Et vous quel type d’investisseur êtes-vous ?

N’hésitez pas à réagir, partager… L’intelligence collective is King !

Patrick SETZEKORN,
– Fondateur du site argent-et-salaire.com – #Crowdfunding Experiences
– Fondateur Associé & Directeur des Technologies Web, Recherche & Développement chez PatientsWorld.com
– Ex Groupe Nouvel Observateur (NouvelObs, Challenges, Sciences&Avenir) : Directeur de Production des Activités Internet
– Autres : Havas, Canal+, Euro RSCG, British Telecom, Unilog

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