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Et si les WiSEEDers finançaient davantage de PME et d’entreprises matures ? #JyCrois

WiSEED annonçait récemment dans Les Echos son intention de vouloir aller au-delà des startups et de financer des PME plus mures. Ceci viendrait compléter l’histoire du développement de WiSEED et permettrait aux investisseurs de placer leur argent dans l’économie réelle tout en diversifiant leurs portefeuilles. Mais cela soulève aussi quelques questions.

Le crowdfunding convient particulièrement bien aux levées de fonds en amorçage : un risque réparti grâce au faible montant minimum d’investissement, une souplesse des actionnaires individuels, un montant levé relativement faible et donc accessible au financement participatif…

Ces caractéristiques peuvent laisser penser que seules les startups pourraient se faire financer par la foule et excluraient les entreprises plus matures. Mais avoir une multiplicité d’investisseurs particuliers dans son capital peut aussi représenter un atout pour les dirigeants de PME, tout en étant un outil de diversification supplémentaire pour les investisseurs.

Les investisseurs particuliers peuvent représenter un atout pour les PME, tout en étant un outil de diversification pour les investisseurs.

Des dirigeants de PME confrontés à l’augmentation des fonds propres

Au cours du développement de leur entreprise, les dirigeants de PME sont généralement confrontés à la nécessité d’augmenter leurs fonds propres. Une entreprise qui connait une croissance conséquente ou dont les besoins capitalistiques sont forts, devra alors trouver d’autres ressources que la dette pour se développer. En effet, passé un certain seuil, les banques ne suivront plus et les solutions sont alors restreintes : il faut envisager d’ouvrir le capital.

Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai pu observer que de nombreux dirigeants d’entreprises familiales sont réticents à l’idée d’ouvrir leur capital à des fonds d’investissement. Les raisons peuvent être multiples : l’entrée d’un tiers dans un actionnariat familial peut, culturellement, être difficile à accepter, un risque de perte de contrôle ou encore une opposition entre une vision court terme et un développement long terme avec des investisseurs professionnels désireux de faire fructifier rapidement leur participation.

Pour différentes raisons, de nombreux dirigeants de PME sont réticents à l’idée d’ouvrir leur capital à des fonds.

Que ces craintes soient fondées ou non, les alternatives sont aujourd’hui limitées. Le risque est alors de choisir de financer sa croissance sur ses fonds propres existants au risque de déstabiliser sa structure financière et de mettre son entreprise en difficulté. Face à ce risque, certains entrepreneurs renonceront à leurs projets freinant l’essor de leur société.

Et si WiSEED se présentait de nouveau comme une alternative ?

En faisant entrer des particuliers à son capital, une entreprise pallie à son besoin de renforcer ses fonds propres tout en évitant le sentiment de perte de contrôle. Ce n’est pas une entité dirigée par quelques personnes qui rentre au capital mais une centaine de profils différents qui détiennent chacun une quantité limitée de parts. Chaque investisseur peut faire contribuer l’entreprise de son expérience et de son réseau sans prétendre influencer la stratégie de la PME.

Pour les WiSEEDers, c’est l’opportunité de diversifier encore plus leurs portefeuilles. Ces dernières années WiSEED a multiplié les innovations et étendu les typologies d’investissement : startups, immobilier, énergies renouvelables, financement de stocks… l’investissement dans une PME viendrait renforcer l’offre existante.

Pour les WiSEEDers, c’est l’opportunité de diversifier encore plus leurs portefeuilles. Les PME viendraient renforcer l’offre existante chez WiSEED.

Investir dans une entreprise mature présente en théorie moins de risque que les startups : historique des résultats financiers, clients existants, business model éprouvé. L’analyse financière et la valorisation en sont aussi facilitées. De plus, les perspectives de sortie sont elles aussi différentes : une PME en croissance pourra par exemple envisager une cotation en bourse à plus court terme qu’une entreprise récemment créée ou fusionner avec une autre entreprise.

Mais les particuliers sont-ils prêts à suivre ?

Est-ce suffisamment « sexy » pour des investisseurs particuliers ? Les startups bénéficient aujourd’hui en France d’une image positive, le label « French Tech » y contribue et les importantes levées de fonds de certaines startups renforcent l’espérance d’un retour sur investissement attractif.

De plus, grâce à des plateformes comme WiSEED, tout un chacun peut devenir business angel et participer aus succès (et malheureusement aux échecs aussi, rappelons-le) de ces jeunes entreprises. La connaissance du métier de capital-développement, pour les entreprises plus matures, est moins répandue parmi les investisseurs non professionnels.

Le métier du capital-développement (PME) est moins connu des investisseurs particuliers que le capital-risque (startups).

Image via Bpifrance

Comme le disait récemment Nicolas Dufourcq, président de Bpifrance, « il faut héroïser les patrons de PME ». Ce travail entrepris depuis quelques années auprès des startups doit se poursuivre avec les PME, avec pour objectif de les rendre plus attrayantes auprès des français.

C’est avec cette volonté que le label « French Fab » a récemment été créé, pour offrir une vitrine aux entreprises établies qui innovent aujourd’hui en France.

Je pense cependant personnellement que l’image des PME est déjà positive pour une majorité de français, et le succès du crowdlending l’illustre bien. Le crowdfunding peut cependant contribuer à valoriser nos PME, et ce dans tous les sens du terme.

Des avantages et des inconvénients, des freins et des solutions

Bien sûr, de nombreux freins existent. Les montants levés en capital développement sont généralement plus élevés qu’en fonds d’amorçage. Les WiSEEDers seront-ils suffisamment nombreux pour financer ces projets ?  N’y a-t-il pas aussi un problème de confidentialité (visibilité à la concurrence) avec la mise en ligne des documents d’analyse ?

Pour répondre au besoin de financement plus important, on peut imaginer des co-financements ou une augmentation du nombre de WiSEEDers, avec par exemple une ouverture à l’international. De plus on a pu voir en 2017 la capacité des WiSEEDers à financer des projets de plus d’un million d’euros comme par exemple Poetis. Le développement du crowdlending montre aussi que les questions de confidentialité semblent surmontables (et les startups y sont d’ailleurs aussi confrontées).

On peut se demander également quels instruments financiers utiliser. Financement en actions ? En obligations convertibles ? L’innovation est dans l’ADN de WiSEED, et ils ont prouvé à plusieurs reprises leur capacité à structurer des financements innovants, comme l’émission obligataire gagée avec 41WATCH (qui a été nominé au European Digital Lending Day, initié par Eiffel Investment Group).

La vidéo de présentation de 41WATCH, soumise pour la participation au European Digital Lending Day, organisé le 2 février dernier à The Family

En tant que WiSEEDer, et investisseur sur d’autres plateformes d’ailleurs, je trouve que c’est une opportunité de diversifier un peu plus mon portefeuille. Cela en réduirait le risque (par rapport aux startups avec un business model souvent encore vacillant) mais, naturellement avec un retour sur investissement potentiellement plus faible que lors de financement de fonds d’amorçage.

Qu’en pensez-vous ? Faut-il selon vous continuer de démocratiser la finance traditionnelle et ouvrir de nouvelles formes d’investissement aux particuliers en élargissant l’offre de financement aux entreprises plus matures ? Et selon vous, sous quelle forme ?

Etienne Coudard

WiSEEDer

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