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Principe de précaution à outrance ?

En 2005, la France a inscrit le principe de précaution dans sa Constitution. Initialement limitée à l’environnement, ce principe s’est naturellement étendu à la santé et au domaine économique. Sans doute à juste titre vu les scandales tant sanitaires que financiers.

Un article récent a retenu mon attention. Il parlait de la résistance à l’implantation des nouveaux compteurs Linky d’EDF.  Il s’agit là d’un cas d’école sur le dévoiement du principe de précaution. En effet les arguments anti-linky semblent totalement décalés face à la réalité du gain potentiel attendu.

Je vous laisse juge…

A propos du principe de précaution et du progrès technique, Jean de Kervasdoué déclare ainsi:

« Être prudent, analyser les risques pour tenter de les éviter, constituent de sages conseils; mais d’avoir fait de la précaution un principe est un drame: il ne s’agit plus de tenter d’analyser des évolutions vraisemblables, compte tenu des informations disponibles, mais d’imaginer l’irréel, l’impensable, sous prétexte que les dommages causés pourraient être importants. »

Mathieu Laine  y ajoute le risque qu’il y a selon lui à voir le principe de précaution décourager le progrès scientifique et donc priver la société de ses bienfaits futurs: « L’histoire de l’humanité a depuis toujours été guidée par cette logique de l’essai, de la tentative et de l’erreur sans cesse corrigée pour parvenir à la vérité. Le principe de précaution annihile cette dynamique et paralyse le progrès.

Enfin, Cécile Philippe de l’Institut économique Molinari regrette pour sa part qu’avec le principe de précaution on ne considère que les risques en cas d’application du progrès et que l’« on ignore les coûts à ne pas appliquer le progrès».

L’histoire ne retient souvent que les cas négatifs et parle rarement des succès issus d’expériences a priori contestables. Par exemple, les OGM agricoles versus le transfert de gênes via des organismes génétiquement modifiés (cf la société Vectalys, co-financée via WiSEED). Ou bien encore les cellules souches embryonnaires finalement autorisées pour la recherche médicale depuis 2013 après de longues années d’interdiction et les cellules souches différenciées de la technologie développée par POIETIS, également financée via WiSEED ).

Dans la finance, les conséquences de ce principe de précaution conduisent à Bâle III avec des répercussions désastreuses sur l’économie réelle (notamment de réduction drastique des investissements ou des crédits aux entreprises). Certes la crise des subprimes a marqué les esprits mais les sanctions ont été sans commune mesure avec les dégâts causés. Et Bâle III ne semble pas dissuader le monde financier de ses excès. A se demander à quoi sert la réglementation, ou plutôt à qui…

Et si on inscrivait le principe de confiance dans la Constitution ? Non pas une confiance aveugle, mais un principe de confiance a priori, avec des gardes-fous comme des contrôles stricts et systématiques a posteriori, accompagnés de sanctions réellement dissuasives.

Rabelais fait dire à Gargantua que « la science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (on pourrait aussi appliquer cette sentence à la technologie et à la finance).

Ce principe de confiance, en lien avec notre conscience individuelle et collective, favoriserait l’initiative, décuplerait l’innovation et serait un formidable moteur de développement et de croissance.

Le principe de précaution est un puissant anesthésique du changement.

Le principe de confiance,  dans les mains des « honnêtes gens », serait lui un puissant catalyseur .

Et puis finalement ne dit-on pas: « no risk, no fun » ?

     Thierry MERQUIOL, co-fondateur de WiSEED

 

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