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Comment valoriser les start-ups qui font appel au crowdfunding ?

Vous saviez que toute entreprise en financement sur WiSEED passe par une sélection drastique et une phase de négociation mûrement réfléchie ? Comment valoriser cette start-up qui veut ouvrir son capital aux WiSEEDers ? Combien vaut une action ? Comment co-exister avec les autres investisseurs et les fondateurs pour ne pas avoir un capital trop dilué ?

C’est là-dessus que je travaille chez WiSEED. J’ai débuté ma carrière en tant qu’analyste M&A chez Greenlight Partners, et depuis mon début chez le leader de l’equity crowdfunding, j’interviens non seulement sur les négociations pré-collecte mais aussi sur le suivi du portefeuille – votre portefeuille – de participations. Voici quelques méthodes de valorisation fréquemment employées, que j’essaye de vous présenter de manière simple.

Cliquez sur l’image pour en savoir plus sur le processus de sélection des start-ups, dans lequel la négociation de la valorisation est un élément fondamental

Le développement d’une entreprise passe quasi-toujours par une ou plusieurs levées de fonds, que ça soit en love money, en capital risque, en equity crowdfunding ou d’autres moyens. S’il est généralement aisé pour un dirigeant de calibrer le montant recherché, car il est dicté par les besoins en trésorerie ou les ambitions de développement, la question que pose la valorisation de l’entreprise l’est beaucoup moins.

Quelle part du capital offrir aux investisseurs ? Ça peut être délicat, mais c’est primordial dans les négociations

Alors, quelle part du capital offrir aux investisseurs en échange de leurs capitaux ? Cet exercice peut s’avérer délicat de prime abord, mais il n’en reste pas moins primordial dans l’optique des négociations avec les investisseurs. C’est ainsi chez WiSEED, où je représente les WiSEEDers, en quelque sorte, pour que les parts que vous acquerrez soient valorisées à leur juste valeur. Pour ce faire, j’utilise une combinaison de nombreuses méthodes de valorisation, parmi lesquelles les plus couramment utilisées sont :

La méthode des comparables boursiers :

Principe : cette méthode consiste à valoriser une entreprise en la comparant aux entreprises cotées intervenant sur le même secteur d’activité.

Méthodologie : on constitue un échantillon d’entreprises intervenant dans le domaine de l’entreprise à valoriser et on calcule des multiples d’agrégats financiers (généralement l’EBIT, l’EBITDA et le chiffre d’affaires). On applique ensuite ces multiples aux agrégats de l’entreprise à valoriser afin d’obtenir une fourchette de valorisation.

Limite : cette méthode repose sur l’étude d’entreprises cotées en bourse, il est donc probable qu’il y ait un écart de taille conséquent entre les entreprises de l’échantillon et la cible (qu’il conviendra de corriger via l’application d’une décote sur les multiples obtenus). Par ailleurs cette méthode ne peut pas toujours s’appliquer aux jeunes entreprises, car elles ont peu d’agrégats financiers historiques (pas de visibilité sur la rentabilité « normale » de l’entreprise) ou ne sont pas encore rentables (EBITDA et/ou EBIT négatif).

La méthode des transactions comparables :

Principe : assez proche de la valorisation par comparables boursier, cette méthode a pour but de donner une fourchette de valorisation via l’étude des transactions du secteur.

Méthodologie : On constitue un échantillon de transactions comparables (même secteur d’activité que l’entreprise à valoriser, si possible même géographie, etc.) pour chacune desquelles on calcule des multiples d’agrégats (généralement l’EBIT, l’EBITDA et le chiffre d’affaires) que l’on applique à ceux de l’entreprise cible.

Limite : comme pour la méthode des comparables boursiers, ce calcul ne peut pas toujours s’appliquer aux jeunes entreprises et il faut prendre en compte la différence de taille pouvant exister entre les entreprises de l’échantillon et l’entreprise à valoriser.

La méthode DES Discounted Cash Flows (DCF) :

Principe : Plus élaborée que les méthodes précédentes, la valorisation par DCF considère que la valeur d’une entreprise est égale à la valeur actuelle nette des flux de trésorerie futurs.

Méthodologie : Sur la base d’un business plan financier, on calcule les flux de trésorerie disponibles annuels futurs (Free cash flows ou encore FCF) via la formule suivante :

Free Cash-Flow (n) = EBIT (n) + Dotations aux amortissements (n) – Impôt sur les Sociétés (n) – Variation du BFR (n) – investissements nets des cessions d’actifs (n)

On actualise ensuite les flux obtenus pour calculer leur valeur actuelle nette (partant du principe qu’un euro aujourd’hui n’a pas la même valeur qu’un euro dans le futur) en utilisant le Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC, ou WACC pour Weighted Average Cost of Capital) comme taux d’actualisation. Il se calcule de la manière suivante :

E = Fonds propres

kE = Coût des fonds propres (dont on ne précisera pas le calcul ici)

D = Dette

kD = Coût de la dette

t = Taux d’imposition

La somme des Free Cash-Flows actualisés donne une fourchette de valorisation de l’entreprise étudiée.

Limite : Bien que sophistiquée, cette méthode de calcul repose sur de nombreuses hypothèses plus ou moins objectives (business plan financier souvent réalisé par le dirigeant, éléments pris en comptes dans le calcul du coût des fonds propres…) qui limitent parfois sa pertinence.

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En synthèse, il est important de garder à l’esprit que la valorisation d’entreprise n’est pas une science exacte et chacune de ces méthodes présente ses avantages et ses limites. Aussi, il est souvent nécessaire de réaliser les 3 exercices puis de croiser les résultats pour obtenir une valorisation fiable. C’est ce que je fais quand je discute avec les dirigeants des sociétés en collecte sur WiSEED.

Ces méthodes ne peuvent pas toujours s’appliquer aux startups (et il est par ailleurs possible que certains secteurs d’activité nécessitent une méthode de valorisation spécifique). Pour les entreprises souhaitant réaliser une campagne de crowdfunding, une bonne alternative consiste à réfléchir à une valorisation permettant au dirigeant de garder le contrôle de son entreprise pour les tours de financement suivants (en prenant en compte la future création de valeur). Il est néanmoins important de ne pas la surévaluer car un prix par action trop haut dès le premier tour de table peut être de nature à freiner les suivants.

Il est important de réfléchir à une valorisation permettant au dirigeant de garder le contrôle de son entreprise pour les tours suivants

Avez-vous des questions sur la manière dont on fonctionne ? N’hésitez pas à les poser ci-dessous. Sachez que je prévois un autre article sur les pièges à éviter quand vous êtes entrepreneurs et que vous devez valoriser votre entreprise… mais ça attendra la rentrée ! Beau mois d’août à tous.

Jérémy PRATS
Responsable suivi des participations, WiSEED.

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